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Publié par Aanil

ARTE propose, dans la nuit du samedi 15 au dimanche 16 mars 2014 à 00 heure 05, le magazine culturel "Tracks".

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Les Finlandais de Beastmilk s'adonnent au post-punk apocalyptique - Selon le physicien Simon Singh, les Simpsons ont la bosse des maths - The Notwist, alias Markus et Micha Acher, rois de l’"Indietronic", sont de retour - Le premier album de Dagobert, mi-dandy, mi-astronaute, quelque part entre le folklore suisse et le romantisme indé.


Pour une fois, les Finlandais de Beastmilk laissent leurs guitares en os au placard !

Ils veulent faire chanter les morts. Selon eux, les premiers instruments de musique étaient faits en bois et en boyaux pour redonner une voix aux morts. Le groupe finlandais Beastmilk a un faible pour tout ce qui est archaïque. Sans doute un tropisme du Grand Nord. Même si Kvohst, le chanteur, est anglais… En tous cas, les Beastmilk affectionnent les thèmes apocalyptiques et produisent un son obscur, un peu dans le style punk des années 80, qui rappelle aussi par certains côtés les Sisters of Mercy, Joy Division ou Bauhaus. Leur côté ténébreux serait un moindre mal, car pour eux, l'alternative se présentait ainsi : soit monter un groupe, soit se suicider. C'est ce qu'ont déclaré Kvohst et Goatspeed, le guitariste. Cette ambiance de fin du monde a quand même apporté aux Finlandais une reconnaissance internationale. Petite causette avec les hommes des grands espaces.


Comment Homer Simpson est devenu un super-matheux

Des Simpsons, on attend quelques gags bien sentis, peut-être aussi des coups de coude dans les côtes, mais pas des incursions dans les profondeurs de la haute mathématique ! C'est pourtant exactement ce que fait Homer Simpson depuis des décennies. Mais en sous-main. Puis arriva Simon Singh, un physicien anglais auteur de bestsellers, qui leva ce lièvre insoupçonné. Du lourd : Homer passe de l'algèbre à la géométrie, de ? au problème P-NP, de Fermat à Euler.

Un jour, Simon Singh voit sur sa télé Homer Simpson dégoter comme si de rien n'était la démonstration du dernier théorème de Fermat. Il croit rêver. Mais l'équation ne va pas jusqu'au bout. Si ces envolées matheuses passent par-dessus la tête du commun des mortels, les vrais connaisseurs, eux, tendent l'oreille. Elles sont le fait de certains scénaristes des Simpsons, des mathématiciens de haut vol dans le civil. Par exemple Al Jean et David X. Cohen, diplômés d'Harvard en maths et en physique. Dingues de chiffres, dès que l'occasion s'en présente, ils glissent un nombre bien particulier dans l'histoire : les nombres premiers de Mersenne, des nombres narcissiques, des nombres parfaits. Petits clins d'œil à moitié cachés, comme 178212 + 184112 = 192212. Juste ou faux ? Tracks a la réponse !


Le retour des indétroniciens

Un bruissement. Puis une modulation pataquès sur trois, quatre tons. Et une explosion, comme si on matraquait un modem hors d'âge. C'est à cela que ressemble " Signals ", le premier titre du nouvel album de The Notwist " Close To The Glass ", le premier depuis 6 ans si l'on excepte quelques BO. On peut parier gros que les membres du groupe ont passé des mois et des mois à bricoler et peaufiner ces sons. Avant, tout était si simple : les deux frères Markus et Micha Acher faisaient de la guitare hard core et, le dimanche, ils jouaient dans l'orchestre dixieland de leur père. Avec " Neon Golden " (2002), concocté en grande partie par le nerd musical Martin Gretschmann (console), The Notwist a créé la matrice de la musique " Indietronic ". Effrayés par le succès, ils ont préféré faire une pause. Mais ils sont maintenant de retour.


Dagobert, du folklore alpestre au romantisme indé

Son look est à mi-chemin entre l'astronaute et le dandy : pendant 5 ans, le chanteur de folklore suisse a cherché dans la solitude des alpages la beauté et l'authenticité dont il veut inspirer la variété allemande. Son premier album est à la fois romantique et tout en retenue. Dagobert est l'un des derniers bohémiens : toujours sans le sou, il a logé dans un café berlinois et se nourrirait exclusivement de riz. A Berlin, sa ville d'adoption, il nous dit pourquoi les montagnes suisses sont un catalyseur de créativité et s'il y a un fond de vérité dans les rumeurs qui circulent à son sujet.


Becky & Joe : ne m'embrasse pas !

Les deux artistes londoniens Becky Sloan et Joseph Pelling font des animations avec des poupées qui dérangent par leur côté loufoque. On y voit un réveil qui explique ce qu'est le temps et qui finit par laisser ses colocataires se putréfier sur place... Ou un cahier de dessin qui, dans ses explications sur le thème de la créativité, s'avère être un dictateur névrosé. Actuellement, Becky & Joe préparent la prochaine vidéo d'une série qu'ils ont appelée " Don't Hug Me I'm Scared " (ne m'embrasse pas, j'ai peur). Précautionneuse, pour éviter de se les faire voler, Becky Sloan conserve toutes ses idées dans une boîte de Pringles cachée sous son ancien lit dans la maison de sa mère. Les deux vidéastes, dont les œuvres suscitent une curiosité grandissante, ont déjà eu les honneurs de grands festivals comme le Sundance ou le SXSW à Austin au Texas. Ils ont aussi produit un clip vidéo pour Tame Impala, le groupe de pop psychédélique australien, et conçu le design d'une vitrine du grand magasin londonien Selfridges. Last but not least, les musiques qu'ils composent eux-mêmes pour leurs vidéos exercent un indéniable charme.


Raquel Meyers : le graphisme hi-tech tué par le télétexte

La vidéaste Raquel Meyers envoie des yétis dans l'espace, filme un singe qui embrasse une femme et un chef indien qui empoisonne sa tribu. Le tout dans une esthétique pixélisée entre télétexte et Commodore 64. En fond musical, elle utilise volontiers des morceaux de l'artiste électro suédois Goto 80. Et en dépit de son intérêt marqué pour les technologies des années 70 et 80, cette Espagnole installée à Göteborg ne se voit pas comme une rêveuse nostalgique ou rétro. Réalisées avec amour et grand soin, ses vidéos demandent un travail très sophistiqué et de longue haleine. Depuis quelque temps, Raquel Meyers redécouvre les anciennes polices de caractère ASCII et PETSCII. Elle-même qualifie sa technique de " Keyboard Slöjd ", une sorte de dessin artisanal sur clavier.


" Kung Fury ", film trash qui arrache, met en scène Hitler et les dinos

Dans le hitparade des films trash, celui-ci remporte à coups sûrs la palme : Kung Fury, un super nanar qui parodie grassement les polars des années 80. Le pitch est, disons, créatif : un méchant flic de Miami, maître du Kung Fu, revisite le passé pour tuer Hitler, appelé " Kung Führer ". Mais la machine à remonter le temps s'enraye et il atterrit chez des vikings armés de mitraillettes et chevauchant des dinosaures... Le film grouille aussi de robots, de mutants et de divinités nordiques...

Le film, dont la version finale devrait faire une demi-heure, n'existe pour l'instant que dans une version de deux minutes sur Internet, et fait un buz infernal. A force de cliquer, les fans entrent en transe, et le plan du réalisateur suédois David Sandberg de financer son film par le web promet d'être payant (il ne finance de sa poche que 5000 dollars). Sur la plate-forme participative Kickstarter, il a déjà récupéré 630 019 dollars. En contrepartie, la version de 30 minutes serait accessible gratuitement sur le Net.

David Sandberg est un peu l'homme-orchestre : il signe le scénario, assure la réalisation et tient le rôle-titre. C'est, en fait, un habitué des grosses productions pour le cinéma ou la publicité, la qualité de la bande-annonce ne trompe pas. Le tournage en green box est terminé, les scènes sont arrêtées. Ne reste plus, si l'on peut dire, qu'à mettre à la place du fond vert Miami, l'Allemagne nazie ou Asgard, le domaine des dieux nordiques, et à faire les animations avec les dinos, les mutants et les robots. En fait, c'est donc le gros du boulot auquel David Sandberg doit encore s'attaquer. Curieux du résultat, TRACKS livre un petit avant-goût.

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