Quantcast

Page d'accueil                       Les 40 derniers articles à lire en cliquant sur ce lien


Revoir un programme tv en replay et en streaming : http://telleestmatele.tv-replay.fr/

Interview

Avec des textes basés sur l’adolescence, Kev Adams est repéré lors du Festival Paris fait sa comédie en 2009, à tout juste 17 ans. Anne Roumanoff l’invite alors à se produire sur la scène de l’Olympia, il fera ensuite les premières parties des spectacles de Gad Elmaleh au Palais des Sports de Paris et de Michel Boujenah à l’Olympia.

Depuis 2009, il interprète son premier spectacle intitulé “The Young Man Show”, mis en scène par Serge Hazanavicius qu’il joue à Paris au théâtre Le Temple pendant près de 7 mois puis dès septembre 2010 au Palais des Glaces, jouant à guichets fermés pendant plus de 150 représentations. De septembre 2010 à février 2011, Kev est l’invité régulier de Laurent Ruquier sur le plateau d’”On ne demande qu’à en rire”. Parallèlement, Kev continue de jouer son spectacle partout en France, en Suisse, en Belgique et au Québec où il se produit régulièrement.

Kev Adams sera sur la scène du Casino de Paris du 25 au 30 octobre 2011. “Soda” - sur M6, à partir du 04 juillet 2011, du lundi au vendredi à 20 heures 05 - est sa première série TV.

Soda-kew-adams.jpg


Pouvez-vous nous présenter Adam ?


C’est un jeune garçon de 18 ans, il est au lycée et habite avec ses parents et sa soeur. Il est plein d’ambition et fasciné par l’Amérique. Il aime bien parler le franglais et inventer de nouvelles expressions. L’école passe en dernier pour lui dans l’ordre de ses priorités, il y a Jenna la fille dont il est amoureux, ses 2 meilleurs potes Slim et Ludo avec qui il adore faire toute les conneries possibles et imaginables, ensuite il y a tout le reste : l’école sa soeur etc...C’est un glandeur dans l’âme, il vit pour deux choses : séduire Jenna et partir vivre aux States où il est sûr de trouver une vie meilleure. Ses cheveux sont aussi un sujet sensible chez lui, il essaie tant bien que mal d’arranger ce que la nature lui a hélas donné. Il entretient une relation assez proche avec son père, c’est son confident, son ami mais aussi son exemple. Il déteste au plus haut point sa petite soeur et c’est réciproque, elle passe sa vie à essayer de lui pourrir la sienne. En gros Adam est le prototype de l’ado d’aujourd’hui !

En quoi Adam au même âge vous ressemble-t-il ?

ka : Adam c’est moi en exagéré dans à peu près tout. Je n’étais pas mauvais à l’école mais je n’étais pas non plus un modèle. J’ai eu un moment où je ne m’entendais pas vraiment avec mon petit frère. Je suis encore aujourd’hui fasciné par les Etats-Unis où je n’ai encore jamais été. Et j’ai toujours entretenu une relation “cool” avec mon père... Adam me ressemble énormément mais il fait ou dit des choses dans la série que jamais je n’aurais osées dans la vie et c’est ça qui est bon ! J’ai l’impression de revivre mon adolescence en mieux ! Quand aux similitudes capillaires entre Adam et moi je ne ferai aucune remarque ;-)

Comment peut-on définir un ado ?

Un ado c’est le mélange entre un enfant et un adulte, alors je suis d’accord avec vous on aurait dû appeler ça un “enfulte” ou un “adufant” mais on trouvait les mots trop violents. Et ce passage de l’enfant à l’adulte se fait par plusieurs étapes : l’envie de tester de nouveaux trucs, la découverte de son corps, la recherche de soi de son identité... Mais avant tout être un ado c’est faire de sa vie un film avec des phrases telles que “j’ai pas demandé à naitre” ou “si elle sort pas avec moi je me suicide” ou “ c’est la fin du monde j’ai pas fait mon exercice de math” ! Les plus petits problèmes prennent une importance gargantuesque et font de notre vie un film plein de rebondissements. C’est ça l’adolescence.

Qu’est-ce qui vous a plu dans ce projet ?

L’idée de créer une suite logique entre mon spectacle et une mini série m’excitait déjà. Mais là où le projet m’a convaincu c’est quand nous avons décidé de nous inspirer de la vraie vie d’ado pour créer nos personnages. Et puis les textes sont vraiment très drôles, on a aussi de très beaux décors, on se croirait dans une série américaine mais en France et ça c’est vraiment cool. Ca me permet d’aller un peu aux Etats-Unis chaque jour !!

Outre votre travail de comédien. Comment intervenez-vous sur la série ?

Outre mon travail de comédien, j’ai eu l’idée de “Soda” avec Elisa Soussan ma manager et productrice de la série. J’ai co-créé (écriture de la bible et des tous premiers épisodes) la série avec Frank Bellocq, Cyril Cohen et David Soussan. J’ai également écrit pas mal d’épisodes par la suite. Donc voilà j’interviens un peu dans tous les sens et c’est vraiment cool ! Et je suis aussi cacaoboycraps je sais ça claque hein ! C’est le mec qui apporte les cafés sur le tournage ;-)



Le phénomène Kev Adams

Sur scène

26 625 spectateurs
213 représentations parisiennes
94 dates de tournée entre novembre 2010 et mars 2012
46 000 spectateurs

Sur la toile

+ 221 000 fans sur Facebook en 6 mois avec + de 1000 “like” et commentaires sur chaque post de Kev. Régulièrement dans le Top 10 des requêtes Twitter.
+ de 20 000 vues / mois sur son site officiel : www.kevadams.fr Des vidéos qui cartonnent sur Youtube et Dailymotion certaines comme son sketch de “L’ado” atteignent plus d’ 1 500 000 visionnages : http://www.youtube.com/watch?v=hD0X6HLtPec

(Source : D.P)


A lire et à voir en cliquant sur les liens suivants :

Soda sur M6 (avec Kev Adams)

[Vidéo] Voir un épisode de la série Soda avec Kev Adams sur M6

[Vidéo] Soda avec Kev Adams sur M6 à partir du 04 juillet 2011

Mardi 5 juillet 2011 2 05 /07 /Juil /2011 07:36
- Publié dans : Interview - Par Aanil - Ecrire un commentaire
Voir les 0 commentaires

Riding Zone, du 23 au 27 août 2010 à 15 heures 00 et à 22 heures 30, met les bouchées doubles pour faire vivre au mieux le cinquième rendez-vous du calendrier : le Billabong Pro, à Teahupoo (23 août-3 septembre). Outre un passage de 26 à 52 minutes, le magazine des sports de glisse et des cultures alternatives sera présenté, depuis Lacanau, par Séverine Ferrer. Rencontre.

Severine-Ferrer-pour-Riding-Zone.jpg
Séverine Ferrer, vous présenterez cinq jours durant Riding Zone, l’émission consacrée aux sports de glisse. Comment abordez-vous ce défi ?

Séverine Ferrer : Avec une grande sérénité. Quand on m’a proposé de présenter Riding Zone, j’ai trouvé ça légitime. Etant Réunionnaise, j’ai grandi avec le surf. J’ai même été la marraine du festival de surf de Biarritz. Et si je ne pratique pas moi-même ce sport, mon fils de 10 ans s’y met. D’une manière générale, je reste fascinée par la façon qu’ont les surfeurs, tel Kelly Slater, d’apprivoiser la vague. C’est très beau visuellement ; de plus, les compétitions ont lieu dans des cadres idylliques. J’ai hâte de commencer.

Ce sera aussi votre première apparition sur France Ô…

Séverine Ferrer : Je considère mon arrivée sur France Ô comme un retour aux sources. J’ai fait mes débuts sur RFO de 1989 à 1991 avec Les Enfants du soleil, une émission du mercredi après-midi au cours de laquelle on parcourait l’île de La Réunion à la recherche de nouveaux talents. On était précurseurs puisque, à l’époque, le public devait déjà voter pour favoriser tel ou tel candidat !

Cela fait un moment que vous n’avez pas eu de rendez-vous régulier avec les téléspectateurs. Quelle est votre actualité en dehors de Riding Zone ?

Séverine Ferrer : Cela fait environ trois ans que je n’ai pas été aux commandes d’une émission à la télévision. Et pour cause, le théâtre m’accapare. Pendant tout le mois de juillet, je suis au Festival d’Avignon. En novembre, j’attaquerai les répétitions d’une pièce de théâtre intitulée Le Trésor de Mama Julia. Nous partirons plus tard en tournée avec Danièle Evenou. En janvier, je jouerai à Paris La Brigade des tigresses. Quoi qu’il en soit, ce retour me satisfait, car la télévision me manquait un peu. Mais un peu seulement. C’est un retour ponctuel, car ma vie c’est le théâtre.


Propos recueillis par Gaël Nivollet

Mardi 3 août 2010 2 03 /08 /Août /2010 07:19
- Publié dans : Interview - Par Aanil - Ecrire un commentaire
Voir les 1 commentaires

photo8-2--copie-1.jpgCrédit photo : Ronan Liétar/Gaumont Distribution

Bonjour Clovis Cornillac !


Bonjour !


Le 25 août, nous allons vous retrouver à l’affiche de « 600 kilos d’or pur », un film d’aventure, tourné en Guyane sous le soleil ! Rassurez-nous ça a été des vacances ce film ?


Ca a été l’opposé de vacances mais on le savait au départ. C’est la forêt comme on l’appelle là-bas, soit la jungle pour nous et ce n’est pas fait pour faire des films ! Elle est là depuis des années, elle fonctionne formidablement bien, c’est un endroit absolument sublime mais plutôt hostile au départ à l’homme qui n’est pas né dedans. Donc venir avec des caméras, des câbles, des choses comme ça, c’est assez compliqué ! Non ce n’était pas des vacances, mais c’était une aventure ! On peut dire qu’il y a deux films en un, l’aventure pour le faire et le film d’aventure à l’arrivée.


Quels arguments a déployé Eric Besnard, le réalisateur et le scénariste du film, pour que vous alliez tourner pendant 2 mois dans la jungle ? Je crois que ce n’est pas un environnement dans lequel vous vous sentiez très à l’aise ?

J’avais plutôt une réticence, c’est vrai. J’aime bien les endroits un peu durs, un peu compliqués : le désert, l’Antarctique, la mer, des endroits comme ça qui ne sont pas toujours accueillants mais qui sont des endroits qui me correspondent. J’ai toujours eu le sentiment que la jungle, et la forêt tropicale avaient quelque chose qui n’était pas pour moi. Mais il n’y a pas eu d’arguments. Il y a eu déjà un camarade qui est Eric Besnard, pour qui j’ai beaucoup d’admiration parce qu’il fait partie des gens capables d’écrire des scénarios aussi ambitieux que celui-là et de les réaliser. Ce n’est pas tout de fantasmer sur quelque chose, il faut avoir les gars ou les femmes qui sont capables de le faire. Il en fait partie. Je n’avais donc aucun doute sur le fait de partir avec Eric, j’aimais beaucoup le scénario, j’aimais beaucoup le personnage et je savais qu’il fallait que je me confronte à cette forêt. Je m’y suis plongé complètement, je savais que ça allait être dur mais à aucun moment je me suis laissé aller à la plainte ou des choses comme ça. C’est assez étrange parce qu’effectivement la canopée est à 30mètres du sol, donc il fait nuit, il y a très peu de lumière dans la jungle, donc on passe la journée dans de l’humidité à 90%, avec des bêtes qui sont chez elles, c’est leur habitat. Il est donc difficile de dire à un assistant avec son talkie-walkie d’arrêter les serpents ou les mygales, donc c’est comme ça on vit avec, ils sont avec nous, à nous de nous fondre dedans. Et c’est ce qu’on a fait ! Et finalement, à titre très personnel, ça a été formidable la rencontre avec la forêt. Je remercie Eric d’avoir écrit cette histoire là. Ensuite quand j’ai vu le film… On est toujours soumis au doute quand on vend son propre projet et on nous demande à nous de faire la promo du film et de le vendre. J’imagine toujours les gens qui regardent et qui se disent : « Ben oui il ne va pas dire que c’est naze, n’y allez pas ! ». Mais ce que je peux affirmer, sans parler de la qualité du film qui pour moi est absolument réussi, c’est que ceux qui n’ont pas eu et n’auront peut-être jamais l’occasion de faire un voyage dans la jungle trouveront ce plaisir là, ce pari là est réussi ! Ayant passé 2mois et demi vraiment dans la jungle, au début de la production, dès que j’ai eu les images et le son, le travail qui a été fait c’est exactement ce qu’on a vécu. La promesse du voyage elle y est !


Quand on voit votre personnage, moi ça me rappelle des films avec Ventura, avec Belmondo, est-ce que c’est des films que vous aviez en mémoire, dont vous vous étiez un petit peu inspiré ou pas du tout ?

Où je suis entièrement d’accord avec vous c’est que ces films là m’ont fait rêver et mon donner envie de faire du cinéma, et ces gars là je les adore ! ca fait donc forcément partie d’un patrimoine, et ça fait partie de moi, comme de vous et de plein de gens, c’est notre culture commune d’un cinéma qu’on a un peu abandonné. Maintenant pour travailler, évidemment que tu ne penses pas à ça. Ca ne m’intéresserait pas d’essayer même d’être sur les traces de ces gars là. En revanche, la part de rêve que ces gens là m’ont donné, quand on me propose ce type de film, ça fait partie de l’ambition. Mais je n’ai jamais pensé à ces gens là en me disant : « Ah, tu vas faire comme… ». Pas du tout. Je n’ai ni la prétention, ni l’envie, ce n’est pas ça qui me motive d’être « comme ». Mais je suis imbibé de ça, je me souviens d’émerveillement au cinéma avec des films d’aventures. Quelle joie de pouvoir les fabriquer !


J’ai l’impression que c’est un des rares films d’aventure qu’on voit depuis une vingtaine d’année peut-être ? Comment on explique qu’un producteur n’est pas envie de proposer à un réalisateur de filmer un peu son rêve ?

Je pense que ce n’est pas les producteurs. Je pense que les producteurs auraient certainement envie. Mais aujourd’hui l’économie du cinéma est faite un peu autrement, les producteurs ne mettent pas leur argent, on n’est plus à cette époque où les gens hypothéquaient leur maison pour faire un film et où en revanche ils avaient toutes les parts du film après. Aujourd’hui le cinéma est fait de beaucoup d’intervenants : de banques, de chaînes de télé, de mandats internationaux, de plein de choses, et le travail du producteur est évidemment de s’impliquer — et dieu sait si Mandarin l’a fait sur ce film là, et sur tous ceux que j’ai fait avec eux — et chapeau à eux parce que c’est un vrai combat d’aller convaincre les gens qui disent : « Mais on ne fait pas les trucs comme ça ? Qu’est-ce qui a marché dernièrement qui était comme ça ? ». Notre époque, pas que dans le cinéma, est beaucoup sur le « Qu’est-ce qui a marché ? ». On reproduit les mêmes schémas. On a peur, on est plutôt anxieux de se dire : « soyons imaginatifs, allons plus vite, ayons un pas d’avance ». TF1 a suivi, Canal+ a suivi, sans partenaires on ne fait pas de films, donc chapeau à eux d’y être allé mais je me dis qu’il faut continuer. Je souhaite que le film rencontre le public, déjà parce qu’on fait du cinéma pour le rencontrer et partager, mais en plus sur un film d’aventure, qui ne se fait plus, si on donne cette énergie de désir on aura cette capacité à en voir d’autres. Comme aujourd’hui l’économie du cinéma réagit beaucoup à ce qui s’est produit avant, évidemment que si le film est un échec on est reparti pour 20 ans sans films d’aventure. Ce serait dommage !


« 600 kilos d’or pur » est un vrai film d’aventure, il y a des méchants, des fuyards, des voleurs, etc. Et votre personnage, Virgil, il est quoi dans toute cette bande ?

C’est le leader, celui par qui tout arrive. C’est un pilote d’hélicoptère mais qui a été mercenaire probablement avant. Il va reconstituer une petite équipe pour faire un braquage d’une mine d’or, qui ne va pas se passer comme prévu évidemment. C’est là que la galère commence ! Il y a quand même le casse, et ils ont l’or, mais après « Qu’est-ce que tu en fais de cet or, dans la jungle, à pieds et qu’il faut aller jusqu’au Brésil ? ». C’est un personnage pour qui on n’a pas forcément d’empathie au départ. C’est un taiseux, avec une carapace, droit, secret, égoïste comme tout aventurier, qui vit pour lui, qui sait se protéger lui et qui a plus de mal avec les autres, mais qui en même temps prend en charge. Et tout le trajet de ce personnage, c’est qu’il devient humain. Et c’est ce travail qui était intéressant en tant qu’acteur parce qu’on n’a pas forcément de textes et qu’il n’en faut surtout pas pour amener ça. Au détour de petites choses, il faut que petit à petit le château de cartes continue à se constituer. C’est fragile, tu peux très vite perdre le fil parce qu’il y a de l’aventure, de l’action et tu peux vite oublier les enjeux. Il y a toujours un enjeu. C’est un personnage qui n’est pas pareil au début qu’à la fin.


Il y a peu de femmes dans ce film, il y en a 2, et une notamment jouée par Audrey Dana. Comment vous voyez son personnage et sa performance à elle, parce que le film est très physique et j’imagine qu’elle a du en baver aussi ?

Sans parler de moi, parce qu’on a du mal à se juger et que je trouve qu’il ne faut pas, je peux juger le travail des autres. Et je les trouve formidablement justes ! Quand on parle de performance … j’y vais tout mollo avec ça …parce que finalement c’est notre travail donc il n’est pas question de performer mais de jouer ! Sincèrement, je les trouve tous formidables. C’est très bien filmé, ce qui est évidemment très important, et très juste dans leurs caractères. Donc Audrey comme les autres est absolument pile poil à l’endroit où j’avais envie de voir ce personnage aller, donc c’est extrêmement agréable d’avoir ce sentiment de cohérence et je trouve que le casting va dans ce sens, et c’est très fort parce que je pense qu’on suit une histoire parce que les acteurs sont justes dedans. Il y a évidemment tout le « filmage » mais il y a aussi le reste !


Merci beaucoup Clovis Cornillac !


Il n’y a pas de quoi !



Interview réalisée par Franck Peltier



A lire et à voir en cliquant sur les liens suivants :

[Vidéo] 600 kilos d'or pur : Film annonce

Interview de Bruno Solo pour le film "600 kilos d'or pur"


Interview de Audrey Dana pour le film "600 kilos d'or pur"

600 kilos d'or pur : Teasers vidéos

Samedi 10 juillet 2010 6 10 /07 /Juil /2010 15:07
- Publié dans : Interview - Par Aanil - Ecrire un commentaire
Voir les 0 commentaires

 

photo1-3--copie-2.jpg

Crédit photo : Ronan Liétar/Gaumont Distribution


Bruno Solo bonjour !

Bonjour.


Le 25 août, nous allons vous retrouver dans « 600 kilos d’or pur », un film d’aventure avec des voleurs, des fuyards, des mercenaires … beaucoup de méchants, et des lingots. Quel est le rôle de votre personnage dans cette troupe ?

C’est le géologue qui organise le coup, sans qui rien ne peut se faire, mais que ne peut pas faire le coup sans les autres. Tout le monde est dépendant, tributaire. Sauf que mon personnage est peut-être un peu plus cupide, cruel, cynique… Mais il a des excuses, ça a été un homme formidable, totalement désabusé, désillusionné… Et les gens qui ont des idéaux perdus font en général des misanthropes formidables, misanthropes qui font rarement machine arrière. Je suis donc l’évident salaud du film mais si vous creusez un peu vous vous rendez compte que les autres personnages ont un passé trouble, un présent incertain et un futur — on le voit très vite — très compromis !


Rémi est très motivé par sa soif de l’or ! Qu’est-ce qui vous vous a motivé à faire ce film ?


La soif de l’or aussi ! La soif du cachet !… Non je plaisante !... C’est le scénario évidemment et l’idée de travailler avec Eric Besnard, parce que c’est quelqu’un que je connais, et dont je connais le travail comme auteur. C’est un auteur qui a tout de même fait « Les convoyeurs », par exemple, « Le dernier protocole », qui a réalisé « Cash », qui avait fait « Le sourire du clown » il y a quelques années … et on se connaissait un petit peu, et j’avais très envie de travailler avec lui. En plus j’étais sur l’idée de produire son prochain film, qu’il avait écrit, on en parlait. Et puis il était persuadé qu’aux environs d’août/septembre 2009, date à laquelle il devait faire son film, je devais aller au théâtre — j’avais effectivement un projet de pièce qui ne s’est pas fait — et quand il l’a appris, il m’a envoyé le scénario, je l’ai lu et le lendemain j’ai dit : « oui ! ». Il y avait deux personnages au début : un gardien et puis le géologue, donc Rémi. Et puis très vite il s’est aperçu qu’il pouvait faire du 2 en 1, donc j’ai gagné en complexité encore puisqu’on a mélangé deux personnages : le gardien, plus cruel, et le géologue, plus ambigu. Ce qui m’a donné l’occasion de jouer un rôle aussi agréable à défendre en tant qu’acteur que celui de Rémi.


Tourner dans la jungle, en Amérique du Sud, des aventures assez incroyables, est-ce que c’était un petit peu des rêves de gosse qui sont devenus réalité à travers le film ?

C’est même des rêves d’acteur ! Parce qu’on fait aussi ce métier pour ne pas le faire en bas de chez soi. On espère souvent avoir des scénarios qui vous amènent très loin, très loin de notre quotidien. Et là, moi, petit occidental que je suis, me retrouver dans un milieu a priori hostile, c’était une aventure formidable. Même si je n’ai pas le profil et la carrure d’un aventurier, j’en ai l’âme. Dans la mesure où je ne suis pas phobique et que je ne marche pas avec les appréhensions, et qu’on était bien préparé psychologiquement, à travers des photos ou des films qu’on a vu, et qu’Eric nous a dit : « attention, on peut rencontrer ça aussi », d’autant plus qu’il y avait des gens qui vivaient sur place dans la forêt, des guides, des indiens, qui connaissent bien… quand tu t’appuies sur l’expérience de ceux qui savent et que tu es capable de les écouter, de leur faire confiance, moi j’ai plus aucune crainte, plus aucune appréhension. Donc j’ai traversé ce film dans un bonheur, une sérénité totale. Même si j’étais vigilant, vis-à-vis de moi et des autres. Il y a une solidarité inhérente au tournage en général, là encore plus, il y avait une entraide … parce qu’on en a chié quand même ! On a morflé ! … Il fallait porter ! Quand on porte les radeaux ou les sacs, il n’y a pas rien dedans. On a véritablement joué de ces efforts pour servir encore plus nos personnages. Moi je m’étais un peu préparé physiquement, j’avais fait un peu d’endurance, un peu de sport même si je ne suis pas un énervé du sport en général, et je suis arrivé là-bas préparé. Je n’ai pas été malade, je n’ai pas été piqué. Je le dis d’ailleurs à tous les gens qui partiraient dans ces contrées : prenez de la vitamine B1 ! Cette vitamine sécrète une sorte de sudation qui repousse les moustiques, les partenaires aussi mais peu importe, ce qui importe surtout c’est que les moustiques ne vous piquent pas ! Parce qu’Eric Besnard et Audrey Dana ont été touchés par la dingue et ils ont eu des fièvres carabinées pendant 6 jours, au point que je me demande comment ils sont allés au bout de l’aventure parce qu’il était véritablement dans un état pitoyable. Ca a été une aventure humaine, exotique, cinématographique unique ! J’ai toujours envie de voir les films dans lesquels je joue, mais je n’ai jamais été excité à ce point à l’idée de voir un film dans lequel j’avais joué.


Qu’est-ce qui finalement a été le plus compliqué à gérer pour vous, sur place ?

Très basiquement, c’était l’éloignement de ma famille. J’ai deux jeunes enfants, une épouse — jeune, enfin plus jeune que moi, ce qui n’est pas difficile ! Je commence à être vieux quand même, enfin un peu vieux pour ce genre d’aventure ! C’était ça ! Autrement non, il n’y avait rien qui était difficile. Peut-être le fait que des fois on tourné très loin, toutes proportions gardées c’est tellement immense, mais même pour faire 60km dans ces conditions là et dans la forêt, il faut se lever à 5h et quart et vous arrivez à 8h sur le plateau, après avoir fait 3h de piste, 40minutes de pirogue, 20minutes de marche à pieds. Il y a des matins quand le réveil sonne c’est difficile, une fois sur le plateau on a l’impression que la journée est déjà quasiment finie alors que là elle ne faisait que commencer. En sachant en plus qu’il fallait rentrer le soir, et recommencer le même parcours, parfois on a décidé de dormir dans la jungle et ça c’est des moments rares, fascinants ! Dormir dans le silence assourdissant de la jungle ! C'est-à-dire ce silence qui n’en ai pas un, avec des petits cris qui déchirent la nuit de temps en temps, la forêt qui s’arrête de gémir parce qu’il y a surement un danger et qui reprend son activité parce que le danger est passé. C’est des moments rares et essentiels je trouve dans une vie. J’ai retrouvé un peu de mon animalité, si tant est qu’on en ait tous, là-bas tous nos sens sont encore plus en éveil. Le regard, l’audition, le sens olfactif, mais le toucher aussi : quand vous touchez une plante, celleci est vénéneuse, celle-ci ne l’est pas, et avec notre oeil de citadin on ne sait pas faire la différence entre les 2. C’est pour ça qu’il y avait des gens qui savaient et il fallait s’appuyer sur eux. C’était très agréable, vraiment !


Quand on vit comme ça, pendant 2 mois, avec les autres acteurs, j’imagine qu’on apprend à mieux les connaître ! Qu’est-ce que vous avez appris sur eux, par rapport à cette expérience, et surtout sur vous-même ?

Ce que j’ai surtout appris sur moi-même c’est ce que je vous disais, à refaire confiance à mes sens qu’on a tendance un peu à oublier, on se laisse porter, surtout quand on est comédien, on est beaucoup assisté. Là on était évidemment assisté, car s’il était arrivé un incident à n’importe lequel d’entre nous le film s’arrêtait, donc il y avait une vigilance de la part de l’équipe à notre égard, mais rien ne pouvait nous certifier qu’en mettant le pied dans une eau saumâtre il n’y avait pas en dessous — sans parler des bestioles qui s’enfuient en général, à part les guêpes et les moustiques — des racines ou autres qui pourraient vous faire tomber en allant trop vite. Ce que ça m’a appris sur les autres du film je ne vous le dirai pas ! Ca n’a fait que me confirmer en tout cas que Patrick Chesnais, mon ami depuis pas mal d’années, est décidément un mec immense et formidable ; que Clovis, si j’étais une femme, je serais amoureuse de lui ; que Claudio, j’ai beau être un mec, je suis amoureux de lui parce qu’il est beau comme un dieu ; et qu’Audrey Dana elle est mariée donc je la respecte mais que je trouve qu’elle a un courage absolument extraordinaire parce qu’elle a morflé elle. Elle a attrapé la dingue, elle y allait et ne se plaignait jamais ! Quand les scènes étaient terminées, parfois je l’entendais un peu hurler mais elle l’avait fait en amont et ça chapeau !


Et vous vous ne vous êtes jamais plein, par rapport à la fatigue physique ?

Jamais ! Un militaire monsieur ! Et puis quand vous avez Eric Besnard comme Général des troupes, qui s’investit comme il s’investit, physiquement et tout, qui était avec nous mais pas sur son petit tabouret avec son porte-voix à nous dire fait-ci fait-ça, mais dans la boue, dans la chaleur, dans la moiteur, au milieu des bestioles avec nous, tu n’as envie que de donner le meilleur de toi-même à un type comme ça ! Non, moi je ne me suis pas plaint, déjà parce que ce n’est pas tellement dans ma nature, et j’ai traversé le film avec beaucoup de chance : ni malade, ni piqué. J’aurais pu passer à côté mais en l’occurrence pour moi ça a été le Club Med !


Merci beaucoup Bruno !

De rien !



Interview réalisée par Franck Peltier



A lire et à voir en cliquant sur les liens suivants :


Interview de Audrey Dana pour le film "600 kilos d'or pur"

600 kilos d'or pur : Teasers vidéos

Mardi 6 juillet 2010 2 06 /07 /Juil /2010 07:14
- Publié dans : Interview - Par Aanil - Ecrire un commentaire
Voir les 0 commentaires

photo12-copie-2.jpgCrédit photo : Ronan Liétar/Gaumont Distribution

Bonjour Audrey Dana !


Bonjour monsieur !


Le 25 août, nous allons vous retrouver dans « 600 kilos d’or pur », vous y jouez un personnage qui s’appelle Camille. Qui est cette femme et est-ce que vous partagez un peu ses motivations, son comportement
?

Je crois que quand on est choisi pour un rôle, y a toujours quelque chose chez nous qui a inspiré le réalisateur à nous choisir, et je pense que le point commun que j’ai avec cette fille c’est qu’on est des amoureuses. Le film commence, elle est très clairement amoureuse, qui se retrouve à l’autre bout du monde sans doute par amour, à créer, à monter et à gérer une mine d’or par amour. Quand on est à ce point isolé de tout, et qu’on supporte tout ça avec son conjoint c’est qu’on doit s’aimer sacrément fort et je pense que tout ce qu’elle fait derrière c’est aussi par amour. Je dirais que c’est notre point commun, car je suis une grande amoureuse.


Il n’y a que 2 femmes dans le film, et c’est surtout vous qui avait le rôle principal. C’est une battante, une femme plutôt endurante et surtout ce n’est pas une « plante verte ». Je me suis demandé si c’est aussi la raison pour laquelle vous avez accepté de faire le film ?


En fait, j’avais tout pour refuser de faire le film, même Eric ne pensait pas me le proposer. Il souhaitait que ce soit moi, mais il savait que j’étais enceinte et il tournait 8 mois après et il s’est donc dit : « En aucune manière, elle acceptera ! ». Mon agent Laurent Grégoire, qui me connait très bien, a eu l’intelligence de lui dire : « Va la rencontrer ! ». On s’est donc rencontré, j’étais à deux jours d’accoucher, et il m’a dit : « Mais est-ce que vous vous sentiriez capable de partir à l’autre bout du monde, pendant 2 mois ? ». A quoi j’ai répondu : « C’est votre film qui me le dira, et votre scénario ! ». Moi j’ai ouvert le scénario, je l’ai refermé, je l’ai lu d’une traite et j’ai adoré tout ce que j’ai lu. J’ai trouvé que c’était une déclaration d’amour aux femmes et que de réussir ça dans un film d’aventure, avec beaucoup de personnages masculins, à 95%, c’était très fort. C’était ne pas honorer mon métier que de refuser de faire un tel rôle. Rien ne m’a poussé à accepter, j’ai juste su qu’il fallait que je le fasse.


Comment on arrive à gérer ? Entre l’envie de tourner à l’autre bout du monde, et le fait d’être maman d’un petit garçon de 8 mois ?

J’en ai deux en fait même des enfants, mais on gère ça comme on gère absolument tout en fait ! Je réfléchis jamais dans ce sens là ! Je ne me dis pas : « Comment je vais faire avec mon bébé ? ». Je me dis : « J’ai envie de faire ça ! », et les solutions vont se mettre en place. C’est exactement ce qui s’est passé. Mon fils est venu me retrouver avec sa nounou. Il a passé le coeur du film avec moi, et j’ai fait les premiers et les derniers jours seuls pour pouvoir entrer et ressortir du film tranquillement. Mais le reste du temps il était avec moi, son grand frère est venu nous rendre visite, c’est un fou de la nature du coup il a vécu une expérience exceptionnelle. On s’arrange toujours en fait !


Quel type de préparation avez-vous faite avant de partir sur le tournage, qui est tout de même très physique ?

Aucune ! Je suis quelqu’un de très sportif, j’aime bouger, donc aucune préparation physique. Une préparation plus du rôle, rentrer dans la peau de cette fille, comprendre pourquoi est-ce qu’elle est partie s’installer à l’autre bout du monde au coeur de la jungle, quel est son rapport avec son mec, pourquoi est-ce qu’ils n’ont pas d’enfant, etc. Je me suis posée ces questions là avec Eric et il m’a accompagné de bout en bout sur le processus de création. Ensuite le vrai gros travail, qui était plus lourd et plus difficile c’est le travail de deuil. C’était lourd mais je suis sortie riche d’une vie en plus !

photo17-copie-1.jpg
Est-ce que vous aviez envie de vous prouver quelque chose en acceptant le film ?

Non, mais le résultat est que oui quand même. Souvent, on fait les choses et c’est inconscient. J’étais arachnophobe et quand j’ai dit au gens que j’avais accepté le film, ils m’ont dit : « Pourquoi Audrey ? Pourquoi tu fais ça, tu détestes les insectes, tu as une peur phobique de ça depuis toujours ? ». Et puis en fait je ne voulais pas voir et je me suis retrouvée confrontée vraiment à mes peurs archaïques, dans un rôle pas facile, sur un terrain complètement dominé par la nature, où l’homme n’est absolument rien… Quand tu sors de là tu te dis : « Manifestement, j’avais besoin de dépasser quelque chose chez moi ! ». Et quand je prends un peu plus de recul je me rends compte que ma vie est comme ça tout le temps en fait. Je passe ma vie à avoir envie de me dépasser. C’est ça qui fait qu’on se sent vivant et que j’aime avoir peur. Si je n’ai pas peur, c’est que c’est accessible donc facile donc sans intérêt car je ne vais pas grandir de ça ! Est-ce que je ne cherche pas toujours à me prouver quelque chose ?


Les conditions de tournage ont été plus ou moins facile, difficile par rapport à ce que vous anticipiez ?

C’était très très difficile ! Mais une fois encore en tant qu’acteurs on était les mieux lotis, c’est vraiment les techniciens pour qui c’était le plus difficile, parce qu’il fallait porter des caisses et des caisses et des caisses pendant des centaines de mètres voire kilomètres. Il fallait installer tout un équipement au milieu de nulle part. Les mecs, à 5h du matin, ils étaient en eaux. Donc à côté, tu te dis : « C’est dur, mais ça va ! Comparé à eux tout va très bien ! ». Et puis même quand c’était dur, même quand on en chié, je me rappelais qu’on faisait ce film pour les gens, et que nous étions en train de rapporter des images de dingue ! On était avant tout en train de faire du cinéma et pas juste en train d’en chier pour en chier, avec les souvenirs qui s’estompent. On faisait un film, et tout ça rend les choses tout à fait soutenables !


Est-ce que la peur de la maladie était présente ? J’imagine que dans un environnement comme ça il doit y avoir de l’appréhension au début ?


J’avais très peur de me faire piquer, j’avais peur des araignées, j’avais peur de choses incohérentes mais je n’avais pas peur de tomber malade. Et je suis tombée malade ! J’ai été piquée et je suis tombée malade ! Une maladie tropicale, quelques jours avant d’avoir le diagnostique, donc deux jours pendant lesquels j’ai cru que j’allais mourir. Mais parce que j’étais incohérente, j’avais trop de fièvre ! Donc des moments de peur profonde j’en ai eu quelques uns : les premières fois où je suis rentrée dans l’eau, la fois où on m’a fait m’allonger dans les marécages au milieu de la jungle … J’ai eu des moments de grande frayeur, profonde, où vraiment tu n’es pas bien !


J’ai l’impression qu’aujourd’hui les producteurs français produisent peu ce genre de film, alors que c’était vraiment le cas dans les années 70/80. Vous avez une idée du pourquoi de cette frilosité ?

Je pense - je n’en sais absolument rien, mais je sais que ça fait plus de 25 ans qu’il n’y a pas eu de film comme ça fait en France — que c’est comme si les français s’étaient poussés pour laisser la place aux américains. « Vous avez plus d’argent, et pour faire des films comme ça il en faut ! ». Je trouve que la noblesse de ce film est le courage de ses producteurs, sans parler du réalisateur qui est quand même celui qui a fait naître tout ça. Ils ont réussi avec un budget très français à faire un film d’aventure dont il n’y a pas à rougir. On ne se dit pas une seule seconde que c’est cheap ! On n’a pas eu un jour de dépassement de tournage. Grâce à la volonté, la force et l’énergie de l’équipe et à des producteurs extrêmement courageux on a réussi à faire un film d’aventure ; et quand tu arrives au bout tu te dis : « Je comprends qu’il n’y en ait pas plus en France ! ». On aurait eu 4 fois plus d’argent ça aurait été une partie de rigolade pour tout le monde ce film ! Les techniciens me disaient : « C’est le film le plus dur que j’ai fait de ma vie ! » … Et encore tout s’est bien passé, il n’y a pas eu d’accident, de piqûres vraiment très graves, de jambes cassées, … tout a été très bien au bout du compte ! Mais je comprends pourquoi il n’y en a pas eu plus en France.


Quand on vit comme ça, pendant 2 mois dans la jungle, avec ses compagnons de jeu, j’imagine qu’on apprend à mieux les connaître ? Comment vous les percevez aujourd’hui ? Je crois que c’est la 1ère fois que vous jouiez avec Clovis, Patrick … ?

Je crois que c’est absolument comme sur tous les tournages : au début on est un peu timide, on se regarde sans se connaître, sans rien voir de plus que ce qu’on a pu déjà voir dans les films précédents, et à la fin du film on voit un peu plus ce qu’il y a de joli, ou de moins joli, c’est le propre même de tous les tournages et étonnamment pas particulièrement sur celui-ci ! C’est même presque le contraire parce que soit on tournait soit on se reposait, soit on était sur la route : on rentrait à l’hôtel, on s’enfermait parce qu’il fallait se réveiller à 4h du matin, qu’on avait besoin d’un peu de solitude, qu’il fallait appeler les enfants … C’était tellement un film prenant que ce n’était pas un film qui laissait la place à « vient on déconne, on sort, ce n’est pas grave si on est un peu fatigué demain, etc ». Tout le monde faisait des allers-retours, moi je suis restée sur place, mais beaucoup rentraient. Au bout du compte, sur 8 semaines, il y a eu quelques dîners, pas vraiment de tête à tête. Ce n’est aussi pas là même chose que quand on est 2, tout le temps ensemble, dans un film. Donc, non, au contraire c’est resté plutôt très respectueux du début à la fin, même si évidemment on se connaissait un peu mieux à la fin !


Et bien merci beaucoup Audrey Dana !

Et bien, de rien !


Interview réalisée par Franck Peltier



A voir en cliquant sur le lien suivant :


600 kilos d'or pur : Teasers vidéos

Lundi 5 juillet 2010 1 05 /07 /Juil /2010 10:45
- Publié dans : Interview - Par Aanil - Ecrire un commentaire
Voir les 0 commentaires

photo1-2--copie-1.jpgCrédits Marie Lopez-Vivanco



Bonjour Félicien.


Bonjour.


On vous connait à travers le Loft, il y a 10 ans. Qu’est devenu Félicien après le Loft ?

Félicien a eu plusieurs vies ! Il y a le phénomène « télé-réalité » avec le Félicien du Loft, après j’ai sorti une chanson qui s’appelle « Cum Cum Mania » qui s’est vendue à beaucoup d’exemplaires – un peu plus de 750 000 – et qui a été le tube de l’été 2002, et puis j’ai enchainé : un 2ème single, un album. Après je suis passé à la production, donc courts-métrages, puis je me suis occupé d’artistes. J’ai commencé à toucher le milieu audiovisuel en 2007 avec une coproduction du film des All Blacks sur Canal+ et en sortie DVD, dans le monde entier, avec StudioCanal. Et me voilà de retour avec une chanson assez attendrissante et d’actualité qui s’appelle « J’ai pas d’argent ».


Donc une réelle volonté de plonger dans le milieu artistique dès le départ, à l’entrée du Loft ?

Je ne peux pas dire à l’entrée … Parce qu’on est carrément plongé, et moi surtout,… dans une aventure que je ne connaissais pas du tout, que je ne maîtrisais pas, parce que j’arrive dans une des premières télés-réalité, moi qui viens du fin fond de mes Landes, un peu le schpountz qui arrive à Paris. Donc au début c’était plus le côté parler de ma région, m’amuser, et repartir à une vie normale. Sauf que bien évidemment la médiatisation a fait qu’on m’a ouvert des portes que jamais je n’aurais pu penser franchir. Du coup je suis arrivé dans un milieu artistique qui m’a plu, j’ai beaucoup bossé, j’ai fait beaucoup de rencontres, des bonnes, des mauvaises, qui m’ont amené aujourd’hui à côtoyer des gens de télé, de musique, de cinéma, de tout ce monde là, et aujourd’hui à pouvoir jouer dans tous les sports de ce métier.


Il a d’abord fallu gérer la popularité, une popularité qui s’égraine au fil du temps ?

Une popularité qui au départ est énorme, surtout quand on vend beaucoup de disques, mais qui diminue de plus en plus car on est moins exposé. Les médias ne parlaient plus de moi, et c’était une volonté. Je ne les intéressais pas car je ne créais pas de scandales, parce que je suis rentré dans le côté très professionnel. Je n’ai pas voulu continuer à véhiculer une image de télé-réalité, ou de quelqu’un de « bof », même si ça me colle toujours à la peau. J’ai voulu essayer d’analyser ce métier, pour pouvoir m’en servir, et essayer de trouver une voie et des rencontres afin de créer beaucoup de choses. La popularité elle va elle vient, c’est une courbe, c’est toujours pareil. Aujourd’hui j’espère qu’elle reviendra vers ses plus beaux jours.


Et elle est arrivée sur la musique avec « Cum Cum Mania », qui a été un succès énorme !

Personne ne s’y attendait. Cette chanson c’est le début, c’est ma carte de visite. C’est une chanson qu’on chantait entre potes, pendant les férias ou les fêtes dans mon village, et dans ma région. Je l’ai ensuite chantée dans le Loft. Et on a décidé, contre vents et marées, puisque personne ne voulait la sortir, de la faire. J’ai décidé que s’il fallait que je sorte une chanson, puisque beaucoup de monde me le proposait, ce serait celle là, qui a pour moi une vraie sincérité. Du coup, ça a fait un gros carton ! Je pense que la sincérité a parlé aux gens. Ca a été le pied à l’étrier, parce qu’après un gros carton comme ça c’est dur de repartir vers l’anonymat. Il faut savoir le gérer. Evidemment, on le gère souvent mal parce qu’on est débutant … Après à savoir si on continue dans ce créneau là ou si on essaye de se servir de ce palier pour franchir les paliers supérieurs.


En tout cas, vous avez continué à vous servir de ce créneau là, on le voit aujourd’hui avec « J’ai pas d’argent », vous êtes résolument dans le genre férias, festif, dans l’ancrage régional aussi ?


Oui et non. « J’ai pas d’argent » par rapport à des titres comme « Cum Cum Mania » ou « Tranquille Emile », ou encore en 2007 « Mi casa es su casa » qui était une nouvelle vague un peu reggae qui n’a pas eu le succès mérité - et je pense que je n’étais pas prêt non plus à arriver sur une nouvelle voie musicale -, c’est un titre populaire, moi j’appelle ça du « sun pop », ce n’est plus de la féria, on y va, on dit n’importe quoi et on fait la fête — ce qui est aussi très bien — là c’est plus une chanson réfléchie. C’est une chanson qui parle à beaucoup de gens, et qui me permet aussi de me remettre à un juste milieu : j’ai gagné beaucoup d’argent, j’en ai perdu, la gloire, les paillettes. Ce n’est pas de la polémique, c’est bien c’est pas bien, moi j’en suis très content. Mais dans le rapport à l’argent, dans ce métier là, on est souvent perdu. Mes parents son paysans, c’est vraiment le travail de la terre, et quand je vois qu’ils gagnent 500€ de retraite par mois et qu’ils sont heureux, ils ont leur coin de bonheur, avec peu d’argent ils y arrivent … Cette chanson, écrite il y a 5 ans, est aussi représentative d’un moment de ma vie où j’ai rencontré des gens riches, des pauvres, de l’excès dans tout ça. Elle est simple, il n’y a aucun message, c’est aussi de l’autodérision : « J’ai pas d’argent, mais je suis content » alors que bien souvent bien sûr l’argent amène le bonheur, mais il n’y a pas que ça. « J’ai pas d’argent, mais je suis vivant », ça c’est le plus important, c’est très significatif. Ca change des férias, c’est populaire, c’est frais et je veux arriver comme un chansonnier qui a envie de parler librement, sans tabou, et avec légèreté surtout.


Il ne faut pas aller chercher un quelconque rapport avec la crise économique, ça ne va pas aussi loin ?

Non, non. Bien évidemment la chanson sort maintenant mais elle aurait pu sortir il y a 5 ans. La crise actuelle est une très bonne promo c’est vrai mais je ne vais pas chercher ce côté-là : « Il y a la crise, on va profiter de ça ! ». Ce n’est pas du tout le cas. Ca parle à beaucoup de gens. On parle avec légèreté de choses très graves. « J’ai pas d’argent, mais je suis content », ce sont des mots qui ne vont pas ensemble en principe. Mais je ne fais pas du tout de politique, ce n’est pas du tout ce qui me motive.


C’est donc un nouveau single. Mais est-ce qu’il y a un album ? Jusqu’à présent on ne voit que des singles chez vous Félicien ?


J’avais fait un album en 2002, parce que la maison de disques me l’avait demandé, parce que ça faisait bien d’en faire un, mais faire un album pour faire un album ça n’a pas grand intérêt. Là, par contre, oui ! Le single commence à marcher très bien et j’en suis très fier ; les journalistes, les télés, et surtout le public sont réceptifs à cette chanson. On est donc vraiment parti pour faire un album de légèreté, avec soleil, avec des textes simples qui vont parler à tout le monde, que tout le monde va pouvoir fredonner, qui reste dans la tête. Que ça parle à tout le monde sans polémiquer sur rien du tout. Vraiment un album solaire !


Vous arrivez dans un contexte où le disque n’est plus le même par rapport à l’époque de Cum Cum Mania ? Il faut se battre plus ?

C’est plus dur ! En plus, à l’époque de Cum Cum Mania, il y avait des gros partenaires, des gros moyens, la télé … Je n’en suis pas à mon 1er coup d’essai. Cum Cum a très bien marche, le 2nd single toujours festif correspondait bien au personnage, et puis petit à petit j’ai vu la crise du disque arriver. Aujourd’hui ce qui sauve un disque, c’est souvent l’union de tous les corps de métiers (producteur, auteur, compositeur, éditeur) et surtout la scène ! Aller sur scène, aller chanter, et pouvoir communiquer ! Evidemment que j’espère vendre du disque, surtout de l’album, mais je ne fais pas ça non plus pour vendre. Je veux que les gens écoutent la chanson. On critique les plateformes de visionnage comme youtube, dailymotion, etc, mais c’est vraiment bien ! S’il y a 3 millions de personnes qui regardent mon titre, je suis super content ! Ils vont l’écouter, ils l’auront dans la tête, et s’ils l’aiment bien ils iront l’acheter ou ils viendront me voir en spectacle dans des fêtes populaires ou sur des plateaux d’artistes, et moi ça me va très bien ! Aujourd’hui on revient aux anciens temps, pour nourrir un artiste on va sur scène, on gagne de l’argent en faisant plaisir à un public. La vente de single est plus dans le côté marketing, c’est une exposition pour les médias, pour ensuite sortir un disque. Je sors une chanson parce que j’en ai envie, si ça se vend tant mieux, mais l’important c’est surtout le contact du public.


Aujourd’hui le single sort sous le nom de Félicien Taris, votre nom. Pourquoi ? C’est un retour aux sources ? Une volonté d’être plus proche de votre famille, des gens du pays ?

Oui et non. C’est vrai qu’avec un prénom comme Félicien, je le raconte souvent dans mon spectacle … Félicien c’est un nom qu’on remarque ! Je ne me serais pas appelé Félicien, je n’aurais pas fait le Loft ! Je n’aurais pas été connu dans ma région à l’époque. Je remercierais toujours mes parents de m’avoir appelé comme ça ! Des Féliciens il n’y en a pas 40 000, donc pour moi c’est un Nom ! Mon nom de famille je trouvais donc qu’il ne servait pas à grand-chose ; mon identité c’était Félicien. Et puis mon nom est devenu Félicien du Loft. Et à un moment donné pour pouvoir avancer, il faut être conscient et surtout en adéquation avec ce qu’on veut défendre. Et aujourd’hui Félicien Taris a connu le Félicien d’avant, le Félicien du Loft, l’intermédiaire et ce que je suis aujourd’hui. Aujourd’hui je connais tous les corps de métiers et Félicien Taris c’est pour dire : « Voilà, je sais qui je suis, comment j’en suis arrivé là ». Ca coulait donc de sources de mettre un nom de famille à ce personnage.


Et chez vous, dans les Landes, on vous appelle comment ? Quel rapport avez-vous aujourd’hui avec toutes ces personnes quand vous vous y rendez à nouveau ?

J’y vais de plus en plus, j’y allais moins depuis l’exposition médiatique … Le nom de famille a toujours circulé évidemment, car ils connaissent mes parents ; avant même tout ça je faisais beaucoup de sport donc le nom était connu. C’est vrai qu’aujourd’hui le regard change, évolue. Juste avant le Loft tout le monde m’encourageait, une fois que j’ai eu le gros buzz il y a eu beaucoup de jalousie, c’était assez dur, j’avais peur de rencontrer les gens de ma région. Et puis l’image a changée, les gens ont changés, ont arrêté d’être jaloux. Aujourd’hui j’ai plus de compte à rendre à personne, mon objectif est d’être heureux dans ce que je fais. J’ai plaisir de retrouver mes potes que j’ai connu avant, comme avant ! Mais il a fallu passer 5/6 ans de branle bas de combat dans nos vies !


Merci Félicien !

Merci à vous !


Interview réalisée par Jean Rimbaud



A voir en cliquant sur le lien suivant :

Félicien Taris (Loft Stoy 2) : Extrait clip vidéo "J'ai pa$ d'argent..."

Samedi 19 juin 2010 6 19 /06 /Juin /2010 13:04
- Publié dans : Interview - Par Aanil - Ecrire un commentaire
Voir les 0 commentaires

photo1-copie-4.jpgCrédits Sylvain Lefeuvre


Bonjour Cyril.

Bonjour.


Ce parcours dans la musique date d’il y a de nombreuses années. Vous avez commencé vous aviez 12 ans.

Oui, ça a commencé même avant en fait. J’ai toujours fait de la musique, j’ai toujours été passionné par ça. Je tapais sur des barils de lessives pour faire de la batterie… J’ai commencé vraiment tout petit. J’ai eu mes premiers groupes à 12 ans. On avait d’ailleurs remporté un tremplin avec une radio nationale à Béziers. Ensuite, j’ai enchainé au collège avec des groupes un peu plus sérieux, on répété régulièrement, on faisait plein de concerts. Notamment un groupe de rock progressif chevelu … du hard rock quoi ! … J’ai toujours voulu en faire mon métier. Donc à 18 ans, après min BAC, je suis monté à Paris et j’ai essayé de signer un contrat de disque. Ce que j’ai fait en 97.


L’enfant de Montpellier était vraiment persévérant et avez envie de percer dans le monde de la musique.

C'est-à-dire que l’enfant de Montpellier il ne savait pas faire grand-chose d’autre en fait, donc il s’est dit je vais continuer là dedans, parce que je suis capable de le faire correctement.


Et artistiquement est-ce que ça change quelque chose d’être indépendant aujourd’hui ?

Oui ça change complètement. Je me rends compte que je m’accorde plus de liberté, j’avais tendance à m’auto-censurer quand j’étais en Major. Et aujourd’hui le fait d’être indépendant, je me lâche plus musicalement. Par exemple, la chanson « Dans ta ronde » qui dure presque 7 minutes … J’aurais jamais pu me permettre une chose comme ça … Même dans la production on a tenté des choses, il y a des intros qui sont en mono, on a essayé plein de trucs assez amusants qu’on aurait peut-être pas pu faire. C’est vrai que c’est un vrai plus !


Comment ça se passe à 19 ans quand on signe avec une maison de disque ?

Je pensais que ça serait la gloire, la célébrité en 3 semaines. Je voyais les groupes qui me faisaient rêver à la télé, et je me disais : « C’est génial, j’ai signé avec une major et je vais devenir super connu ». Et en fait, ça ne s’est pas vraiment passé comme ça. Mais j’ai persévéré, de maison de disques en maison de disques, pour au final me retrouver indépendant aujourd’hui.


Et donc un démarrage plutôt fort, avec un premier single, « C’est pour la vie ».

Ca démarrait pas mal oui ! Ca passait bien à la radio, je m’entendais pour la première fois … Un clip aussi ! Elu « clip des clips » sur M6 ! … Donc des bonnes choses !


Et une volonté d’aller où après ce parcours ? Vous avez composé beaucoup de mélodie et beaucoup ont servi pour de nombreux albums, de nombreux artistes.


C’est vrai … J’ai toujours écrit des chansons, beaucoup, la mélodie est vraiment ce que j’aime faire, c’est l’essence de mes chansons. Quand j’ai eu la chance d’avoir des artistes qui me demandaient des chansons j’étais très très content de pouvoir travailler pour eux. Quand j’ai fait le « Etre à la hauteur » pour le Roi Soleil c’était une expérience géniale parce que je me voyais déjà Michel Berger, à composer pour des grosses comédies musicales ! Il se trouve que ça a eu beaucoup de succès donc ça a été une super aubaine pour moi. Et je continue. De temps en temps, on me demande des chansons et j’y travaille. Ca me fait plaisir d’entendre mes chansons chantées par d’autres.


Quelques grands succès : « Etre à la hauteur » par exemple, puis un nouvel album signé chez un grand label en 2006.

Absolument ! Il s’appelait « Banquise ». Il y a eu 2 extraits de cet album qui sont pas mal passés à la radio. Le plus connu doit être « Un autre nom ». On en a parlé encore il y a quelques jours. Donc ça a effectivement marqué quelques esprits. Toujours dans cet esprit de mélodies, les mélodies à l’anglaise, c’est ce que j’aime, c’est mon essence de composition.


Une mélodie à l’anglaise, enregistrée à l’étranger ?

L’album « Banquise » a été enregistré en Angleterre, avec le producteur Martin Terefe, qui a notamment réalisé les albums de Jason Mraz, James Morrisson, entre autres. En fait moi j’avais eu envie de travailler avec lui parce qu’il avait fait l’avant dernier album de A-ha. J’étais très fan du groupe, et quand je l’avais écouté j’avais trouvé une évolution dans le son, et je me suis dit c’est avec lui que je voudrais travailler. Il a fait de ce groupe là quelque chose de moderne, avec des batteries, des guitares, etc. J’ai dit à la maison de disque : « C’est ce son que je veux ! ». On l’a contacté, on est allé le voir à Londres, et il a bien aimé les chansons. Et on a donc eu l’occasion de travailler aussi avec un des membres de A-ha qui fait des claviers sur le disque, avec le batteur de Travis et plein de gens que moi j’adore en tant qu’auditeur.


Aujourd’hui fort de ces expériences, vous vous lancez vous-même dans la production pour votre nouvel album ?

En fait, ça part d’un constat que tout le monde peut faire, sur la difficulté rencontrée dans le monde du disque aujourd’hui. Ce n’est pas que les maisons de disques font un mauvais boulot, c’est un faux discours, des tas de gens aiment ce métier et arrivent à le faire bien. Simplement, il y a le piratage qui vient compliquer les choses. Moi en voyant ça, à la fin de mon contrat en février 2009, je me suis dit : « Il faut trouver une autre idée ». J’avais un disque, j’avais envie de le faire écouter à mes fans, je communiquais régulièrement avec eux, et ils l’attendaient. Je voulais donc trouver une solution mais refaire le tour de maisons de disques ne m’intéressait pas. J’ai donc monté ce concept du CP Club. J’aime bien appeler ça une « maison » car dans une maison il y a une télé, une chaîne hifi, on peut se parler, communiquer … ce qui est le concept du site. On s’abonne donc au site, et les fans peuvent alors télécharger mon album, regarder la télévision du CP Club, les émissions spéciales qu’on leur prépare, écouter tout ce que j’ai fait jusqu’à présent. Je crois que c’est un concept assez sympa.


Au-delà de la musique, vous produisez des tas de contenus pour vos fans ?

Absolument, il y a beaucoup d’audiovisuel, en même temps ils ont l’occasion de réécouter tout ce que j’ai fait, ce qui n’était pas forcément évident, et puis il y a une messagerie, donc beaucoup d’interactivité dans le site. Les fans peuvent se filmer, et m’envoyer leurs questions, leurs messages, leurs remarques … Et puis il y a des émissions spéciales, comme le live où je réponds aux questions qu’ils m’ont posées sur la messagerie.


Vous avez fédéré autour de vous tout une équipe ?

Chacun bosse un peu dans tous les domaines. C’est vrai que quand il y en a un qui ne peut pas faire son boulot, un autre le remplace. On est une quinzaine. Et ça fait partie de ma fierté aussi, d’avoir su créer un enthousiasme chez tous ces gens qui sont tous des pros et qui ont envie de défendre le projet parce qu’ils le trouvent joli.


Est-ce que le CP Club est en quelque sorte l’anti star-system ?

Moi je ne me suis jamais senti star-system, donc le CP Club c’est l’honnêteté, le partage immédiat sans artifice. Je donne ce que j’ai à donner et ce n’est pas des paillettes, c’est de la musique, de la convivialité, parfois un peu d’humour. Le plus simplement possible.


On retrouve combien de titres sur cet album ?

C’est un album de 10 titres. C’est un album de copains. Avec les 3 musiciens : Romy Chelminski, Benjamin Tesquet et Sylvain Blanquart, on a tourné pendant 2 ans et on s’est rendu compte que sur scène on avait vraiment un son particulier, compact, … comme un groupe quoi. Et quand il a fallu enregistrer l’album je ne voyais pas pourquoi ça devait être comme le précédent, avec des musiciens que je ne connais pas alors qu’eux je les connais bien, qu’on a un son ensemble. En plus les chansons allaient vraiment dans un sens plus live, plus brut, plus direct, plus organique. Je me suis donc dit : « On va enregistrer ça en live, en studio ». J’ai fait appel à un ami d’enfance, le bassiste de mon groupe de lycée pour s’occuper du son. Il est maintenant PDG d’une boîte qui fabrique des petits écouteurs pour les chanteurs. C’est donc lui qui s’est occupé du son, avec un ami à lui. C’est donc vraiment un album de copains. On a pris un studio dans le Sud pendant 3 semaines, on a loué une maison là-bas, c’était assez sympa. Et je crois qu’on l’entend, que c’est un album fait en famille et qu’il est plus brut, plus live. Et dans ce que moi je raconte, c’est plus personnel. Et ce son de groupe on a voulu l’officialiser en prenant un nom de groupe sur l’album, qui est venu assez spontanément : « Cyril Paulus et les 3 ». C’est comme ça que je les appelle sur scène, c’est mes 3 quoi ! De temps en temps, c’est « Cyril Paulus et les 4 », on a des petits invités qui viennent nous rejoindre mais la base du groupe c’est nous 4.


Les tonalités de l’album auraient pu évoluer par rapport à ce que vous aviez l’habitude de faire ? On est plus dans la pop aujourd’hui ?

Oui, je pense que c’est moins variété, moins mélancolique que le précédent. C’est vrai qu’il était un peu triste, à la réécoute, je m’en rendais pas compte au moment où je l’ai fait. Mais les chansons reflètent aussi des périodes de la vie. Je pense que là j’avais envie de chanter des choses un peu plus gaies, un peu plus enjouées, un peu plus rock parfois … Et donc cet album est plus lumineux, direct et peut-être un peu plus fait pour la scène aussi.


Quelques titres dont on peut parler : « Mythique », il a une histoire ?

Oui, « Mythique » il a une histoire ! C’est une double histoire. J’ai un ami qui dit tout le temps ça, dès qu’il parle d’une soirée, d’une expérience, il dit tout le temps : « C’était mythique ». J’ai donc eu envie de prendre ça pour moi et de l’utiliser dans une chanson. Et comme on travaillait sur une chanson qui parle des rencontres sur internet, on a fait le parallèle. C’est donc un titre sur les petites expériences drôles ou malheureuses qu’on peut rencontrer quand on fait des rencontres sur internet.


« Une histoire ordinaire » ?

C’est le titre de l’album, et c’est vraiment le message que je voulais faire passer. En février quand j’ai quitté la maison de disques, je me suis vraiment rendu compte que le star-system ne me correspondait pas vraiment, que je n’étais pas un type exceptionnel, juste un mec normal qui faisait de la musique. Et c’était ce que j’avais envie de dire. Quand on écoute réellement les paroles d’Une histoire ordinaire, ça raconte ma vie. Je trouve qu’il n’y a rien de plus beau qu’une histoire ordinaire, parce qu’on en a tous et qu’elles sont toutes plus belles les unes que les autres. Ce n’est pas de la démago, c’est vraiment ce que je pense et ce que je ressentais au moment de l’enregistrement de l’album. Et toutes les chansons sont des déclinaisons, des petites histoires ordinaires, des petites tranches de vie. Que ce soit « Les brins de paille » où je raconte comment certains souvenirs sont gravés toute la vie. Il y a des choses qu’on oublie et d’autres jamais : la cours de l’école, les premiers amours, ça nous reste. « Courir le monde » c’est plus une chanson dans la veine de « On va de l’avant », un peu comme la chanson « Tout nous appartient » de l’album précédent, dans cet esprit de « on y va, on fonce, la vie est à nous ». C’est un peu le passage entre les 2 albums.


Pour revenir au CP Club, l’avantage c’est qu’on a tout de suite droit à l’album dès l’adhésion ?

C’est ça, en fait l’album est plus un cadeau de bienvenue. On s’abonne pour écouter toutes les chansons, regarder la télé, pour échanger, connaître toutes les actualités du groupe au plus tôt, et en même temps on a l’album. Ce qui fait l’avantage d’internet, c’est qu’on peut avoir une meilleure qualité sonore que le CD. Moi je le propose dans une qualité 24bits, ce qui est meilleur que le CD à 16 bits. Là on peut télécharger l’album avec le son tel qu’il sort du studio, sans compression, ce qui est quand même génial. Et puis évidemment il y a une version .mp3 pour pouvoir l’écouter sur un baladeur, et plein d’autres avantages.


Pour vous internet a pris le dessus sur l’industrie du disque ?

Non, pas dans les faits… Je pense que quand on est Lady Gaga ou Coldplay, on a besoin de l’industrie du disque, parce qu’on a besoin d’être exposé massivement et donc c’est le « tout marketing ». Moi je ne me classe pas dans cette catégorie là, je suis un artiste qui essaye de faire la musique qu’il ressent, sans être une super-star, et qui essaye de toucher les gens qui aiment cette musique là. Cette démarche est donc plus appropriée pour moi. Après, il faut des relais pour que les gens entendent parler de nous, nous connaissent et puissent écouter la musique. Je trouve que maintenant l’industrie de la musique est vraiment divisée en 2 : le « tout marketing » et le « fais-le toi-même », et je me classe plutôt dans cette catégorie là.


Après avoir connu le « tout marketing » ?

Oui, mais en même temps je n’étais pas un de ces artistes adaptés à ce format. J’ai essayé de faire ma musique, des gens aimaient ça, mon clip passait à la télé, ma chanson à la radio, mais pour autant je n’étais pas formaté pour exploser dans ce monde là. Maintenant, je me sens mieux dans mes pompes, plus à ma place, et je pense qu’il y a vraiment quelque chose à faire avec ce système.


Et ça vous laisse le temps de continuer à écrire, composer ?

Ca me laisse un peu de temps, beaucoup moins qu’avant, parce que fatalement j’ai énormément de boulot maintenant. Même si on a une belle équipe et que tout le monde bosse à fond j’ai beaucoup beaucoup plus de travail qu’avant. Mais évidemment que ça me laisse le temps. Si je ne composais et n’écrivais pas je serais très malheureux.


Le CP Club vous permet de tisser un lien fort avec ceux qui vous ont suivi tout le long de votre carrière. Quel est leur retour aujourd’hui sur l’album ?


Ils me l’ont dit, ils ont beaucoup aimé l’album. Avec moi c’est toujours pareil, il faut écouter l’album plusieurs fois, on le découvre petit à petit, en tout cas c’est le retour que j’ai depuis que j’ai commencé à faire de la musique. Je crois qu’ils aiment vraiment beaucoup l’album, et le concept aussi. Il y a eu quelques réticences au début, des fans qui me disaient : « Je ne comprends pas, ça ressemble à un fan club, et si on ne veut pas adhérer comment on fait ? ». Moi je répondais simplement : « Abonnez vous pour 1 mois, ça ne coûte que 6€99 (ce qui est moins cher que itunes), et si le CP Club ne vous intéresse pas, vous téléchargez l’album et puis c’est tout ! Rien ne vous oblige à regarder le live ou les émissions qu’on prépare pour vous ». Donc il n’y a pas d’engagement, même si le mot abonnement peut faire peur. C’est juste une nouvelle façon d’interagir entre l’artiste/le groupe et les fans.


Merci Cyril !

Merci à vous ! Et je vous attends nombreux sur le site www.cyrilpaulus.com CP Club !



Interview réalisée par Jean Rimbaud



A voir en cliquant sur le lien suivant :

Cyril Paulus & les 3 : Extrait du live "Courir le monde"

Dimanche 13 juin 2010 7 13 /06 /Juin /2010 00:39
- Publié dans : Interview - Par Aanil - Ecrire un commentaire
Voir les 0 commentaires

photo11-copie-2.jpg
Bonjour.


Bonjour.


Après la lecture du scénario, le tournage… qu’est-ce qui vous a paru le plus drôle dans ce film ?


Pierre-François Martin-Laval.
Le tournage était très drôle. Léa n’arrêtait pas de manger sur le tournage.

Léa Drucker. On se défiait, on avait un très bon chef de cuisine. Ce qui était drôle, c’était les surprises. La scène des bulles a été la plus drôle pour moi.

Pierre-François Martin-Laval.
Pour tout le monde. La scène des bulles était surréaliste. Je pensais qu’on allait faire des trucages mais ça a marché, dans la bouche de Pascale. C’était dégueulasse, le savon dans la bouche. C’était Averell Dalton.

Léa Drucker.
Je me souviens de Pascale touillant le produit à fond, pour finalement réussir à faire ce truc. Elle a avalé des litres de Pec.

Pierre-François Martin-Laval.
C’était drôle de voir cette actrice tendue. Elle nous faisait rire alors qu’elle souffrait à mon avis.

Léa Drucker. C’était une scène où elle devait pleurer, elle se fait humilier par son mari.

Pierre-François Martin-Laval.
Voir Pascale qui pleure et il y a des bulles qui sortent, pour moi, c’est ça l’humour.


Ce film joue beaucoup sur le décalage. Vous vous en êtes rendu compte en lisant le scénario, ou il a fallu attendre d’être grimé ?

Léa Drucker. J’ai beaucoup ri en lisant le scénario, j’ai trouvé que c’était bien singulier. Aux essayages des costumes, j’ai compris qu’on allait dans un univers assez poussé. Mais il fallait que ça soit incarné, il fallait s’intégrer à cet univers qui me déstabilisait un peu au départ. Julien nous a montré les décors et on a compris l’univers. C’était excitant. Le scénario était drôle, l’univers me plaisait, et il fallait réussir à incarner des êtres humains là dedans, qui sont dans une situation extrême mais qui pourrait arriver à tout le monde.


Ça peut arriver à tout le monde. C’est le truc dont tout le monde devrait se méfier à l’heure actuelle, ce fameux coup de fil !

Pierre-François Martin-Laval. Je pense que ça arrive. Ça nous est arrivé, malheureusement.


Est-ce que ce coup de fil n’est pas l’équivalent d’une dizaine d’années de psychanalyse pour ces quatre potes ?


Léa Drucker. Je ne sais pas si c’est une bonne idée de faire une psychanalyse en une minute, c’est un peu brutal. Tout d’un coup, entendre ce que nos meilleurs amis pensent de nous dans l’intimité de la chambre à coucher, où on peut dire tout et n’importe quoi. Normalement ça ne sort pas de la chambre mais là ça sort et ça fait mal. Donc vengeance. Ça révèle des problèmes de couple dans chaque couple, qui sont des trucs assez universels.

Pierre-François Martin-Laval.
J’ai l’impression que leur amitié n’est pas bien construite. Ce que ça révèle, c’est qu’ils n’ont pas parlé assez. Normalement, dans une belle amitié, il faut parler, c’est comme dans un couple. Là apparemment, ils ne se sont pas dit beaucoup de choses, et tout sort dans le coup de fil.


C’est un peu le fantasme de la mousse sur le mur. Qui n’a pas rêvé d’être dans un lieu où on parle de soi, pour écouter ce qui se dit de nous alors qu’on n’est pas là ? En même temps, s’y confronter est terrible, c’est d’une violence rare, tout en étant drôle. Tout le film est axé sur cette ambivalence de drôlerie, de vacherie et de dramaturgie. Ce qui est très touchant c’est qu’on ressort du film avec une empathie profonde pour chacun de vous quatre. Au début du film, ce n’est pas gagné !


Pierre-François Martin-Laval. C’est perdu d’avance. En fin de compte, ils ont tous bon fond. Mais au début, ce sont des monstres. On se demande si ce sont vraiment nos amis, vu comment ils parlent de nous. La manière dont on le prend, on veut se venger, c’est aussi minable. Tout le monde a faux.

Léa Drucker.
C’est là où le film est assez étrange et décalé. C’est une situation assez ordinaire qui prend une proportion délirante, parce que ce sont ces personnages là. Lui s’est fait humilié sur le plan professionnel et a des problèmes dans son couple. Moi je suis plutôt une bonne vivante mais malgré le fait d’être souriante, dès qu’on touche à mon fils ou mon mec, je deviens déraisonnable. La comédie doit être déraisonnable. C’est là que ça commence et devient cruel, avec la tendresse qui arrive derrière, sinon ça serait trop dur. Cette audace là me plaisait dans le scénario. Il ne fallait pas avoir peur d’être cruelle. C’est un peu comme « La guerre des roses », des divorcés qui finissent par se tuer l’un l’autre. C’est grinçant mais ça me fait rire.


Dans les comédies qu’on voit en ce moment, c’est du comique de situation. Là, la scène des bulles, la scène de chasse qui est hallucinante, ce sont des scènes à la de Funès !

Pierre-François Martin-Laval.
C’est ce que j’allais dire. Ça m’a rappelé les films de quand j’étais petit. J’adorais le burlesque de de Funès. Tu te rappelles la scène de de Funès dans le garage, dans « le Corniaud » ? Avec la scène des bulles, j’ai pensé qu’on tenait une scène culte.


J’aimerais bien que chacun me parle de qui il est dans le film.

Pierre-François Martin-Laval. Moi je suis Jean-Claude. Je ne suis pas très en confiance. Je suis un peu loser sur les bords.

Léa Drucker. Il a du mal. Il peut être perçu comme un loser.

Pierre-François Martin-Laval.
Il n’est pas sportif, il se laisse aller, il s’enlaidit. Il n’arrive pas à prendre des décisions dans son couple, il est assez lâche. Plus j’en parle, plus je me demande s’il a des qualités. Il n’est pas méchant. Quand sa femme décide de se venger, il n’est pas pour. Il n’est pas très courageux.

Léa Drucker. Mais il a beaucoup d’amour. Il est très tendre. Jean-Claude est très attachant pour ça. Dans la scène du dîner, il est profondément sensible et lucide, il a juste du mal à s’imposer. Il vit avec une femme, Mathilde, moi, qui l’envahit un peu. Il y en a un qui a trop de personnalité et qui déborde. Ça ne doit pas l’aider.

Pierre-François Martin-Laval. Mais Mathilde prend des décisions. Elle aimerait qu’il en prenne lui aussi. Elle doit en souffrir.

Léa Drucker. Mais ils s’aiment vraiment dans le fond. C’est pour ça que je veux me venger. Sur le portable, ils ont dit des choses que je pense, mais il n’y a que moi qui a le droit de le dire, pas les autres. Donc vengeance. Il y a notre fils aussi. C’est un couple qui marche à deux. Mon personnage s’est construit sur le sien.

Pierre-François Martin-Laval. Ce que je trouve beau chez notre fils, c’est que j’ai l’impression qu’il sait tout, il est plus mature que nous. Tu sais la scène dans la voiture… Il sait tout.

Léa Drucker. C’est un vieux sage, il regarde ses parents et on sent qu’il sait que la catastrophe va arriver.


Quel serait le meilleur résumé du film ?

Pierre-François Martin-Laval. « Les meilleurs amis du monde », c’est l’historie d’un couple qui va apprendre, suite à un téléphone mal raccroché, tout ce que pense d’eux leurs meilleurs amis, tout le mal qu’ils pensent. On va voir comment ils vont réagir par rapport à ça, la déchirure entre deux couples de meilleurs amis.

Léa Drucker. « Les meilleurs amis du monde », c’est un week-end entre deux couples de meilleurs amis du monde qui dégénère suite à un téléphone portable mal raccroché, qui permet à notre couple d’entendre ce que nos meilleurs amis disent de nous. C’est un film sur les dangers du portable.


Ce qui est très touchant dans cette comédie de situation, c’est la récupération des personnages. On ressort du film avec une profonde sympathie pour vous quatre, ce qui n’était pas gagné au début, et ça passe à travers tous les affres. Ils gagnent en sympathie parce qu’ils sont très méchants.

Oui.


Les animaux ne sont pas là pou rien, il y a un lama qui s’intéresse beaucoup à Jean-Claude !

Pierre-François Martin-Laval. C’est un lama qui passe son temps à me cracher à la gueule. C’est l’animal de compagnie de Marc Lavoine, qu’il a appelé Serge — très bon jeu de mot à la française. Le lama est toujours là pour me rappeler que je ne suis qu’une merde.

Léa Drucker. Pour te remettre sur le droit chemin. Il est un peu là tout le temps, il t’observe, il est spectateur de tout ce que tu fais. Il a un intérêt pour toi. C’est ta conscience. Il essaie de te remettre sur la bonne route et finit par y arriver, avec une très mauvaise haleine.


Quand vous vous êtes retrouvés l’un en face de l’autre pour une première scène, comment vous avez géré le fait d’être grimés, assez poussés dans le trait, pour jouer la sincérité.

Léa Drucker.
La première scène qu’on a tourné ensemble, c’était la scène dans la bagnole au début, avec le coup de fil, je devais chanter et il devait être excédé… Il fallait surmonter tout de suite la timidité. Les réalisateurs arrivent et s’excusent, il faut commencer par quelque chose de difficile… Mais il faut surmonter le trac, et ça aide à établir la relation. Ça brutalise un peu les choses, ce n’est pas mal. J’étais en confiance, parce qu’il me fait rire en tant qu’acteur et personne, même si on ne se connaissait pas bien. C’était stimulant. Tu as envie de faire aussi bien. Ça dynamise.

Pierre-François Martin-Laval.
Ça s’est passé assez rapidement. Je me trouvais tellement moche ! J’avais pris un peu de poids, que j’ai mis beaucoup de temps à perdre. Donc je me sentais une merde face à Léa.


Au sujet de cette histoire capillaire, Marc et sa moustache, les coupes de cheveux de chacun… Julien en a une pas mal ! Est-ce qu’il y a quelque chose à creuser, là dessous ?

Pierre-François Martin-Laval. Les réalisateurs-auteurs mettent toujours beaucoup d’eux même dans les histoires, même si ce sont des adaptations. Il a mis beaucoup de lui-même dans le film.

Léa Drucker
Il n’y a pas une expression : se faire des cheveux ?

Pierre-François Martin-Laval. Tu parles de Marc, de sa moustache. Il y a aussi sa femme, Pascale. Elle a une tête improbable ; j’avais l’impression qu’elle sortait d’un film de Tim Burton.


Au revoir.

Au revoir.


Interview réalisée par Franck Vallières



A lire et à voir en cliquant sur les liens suivants :


Interview de Pascale Arbillot et Marc Lavoine pour le film "Les Meilleurs amis du monde"

Les Meilleurs amis du monde : Extraits vidéos


Interview de Julien Rambaldi, réalisateur du film "Les Meilleurs amis du monde"


Les Meilleurs amis du monde : Film annonce

Samedi 29 mai 2010 6 29 /05 /Mai /2010 14:18
- Publié dans : Interview - Par Aanil - Ecrire un commentaire
Voir les 0 commentaires

cover_knaan_fefe.jpg
Bonjour Féfé.


Bonjour.


Salut K’naan.

Bonjour.


Comment vous êtes vous rencontrés tous les deux – musicalement parlant ?


Féfé : Nous nous sommes rencontrés grâce à un ami commun, qui est photographe, qui s’appelle JR. J’étais en train de lui expliquer quelle musique j’allais faire – c’était avant de faire mon premier album, j’étais en train de l’écrire, je lui disais qu’en France, blablabla, et il m’a dit que cela lui faisait penser à quelqu’un, que je devais écouter, et qu’il était sur qu’on allait bien s’entendre, et il a mis « dusty foot philosopher » et j’ai été convaincu. C’est comme ça que je l’ai rencontré musicalement. Même sans connaitre certaines personnes, musicalement on comprend leur feeling. On ne fait pas la même chose, mais on est sur la même voie. Un type m’a dit, on ne reçoit pas les idées, il y a comme une stratosphère d’idées et il arrive que plusieurs personnes soient sur la même longueur d’onde, même si elles ne sont pas du même côté de la planète. Je pense que c’est vrai, et c’est comme ça qu’on est rentré en connexion musicalement. Tu ne le sais pas, mais on est connecté! C’est cool, j’écrivais pour le prochain album, et j’étais très content, et dès que j’ai entendu « Wavin’ Flag », je me suis dit : « Ca y est! Rien à ajouter ».


Alors K naan, le connaissiez vous ?

Oui, enfin, je connaissais l’équipe. J’ai beaucoup d’amis, ici à Paris, dans le milieu de l’art, des réalisateurs, des acteurs. Je suis toujours connecté. Surtout depuis quelques années. J’ai fait quelque chose avec Oxmo, pour son album, et je suis ami avec Vincent Cassel et Kim Shapiron. Et ils connaissent différentes musiques, et ils ont commencé à me présenter plein de gens.


Et vous avez un point commun avec le Sayan Supa Crew : ils ont voulu apporter une bouffée d’air frais dans le style hip hop, et briser les codes, c’est ça non ?


Oui, faire quelque chose de spécial. On trouve ce que tout le monde fait assez ennuyeux, donc on commence en apportant une réponse aux clichés, en faisant quelque chose de nouveau; c’est comme ça que j’ai commencé à faire ma musique, alors. Ça a été un plaisir de finalement faire quelque chose ensemble.


Et à propos de « wavin’ flag » ; cette chanson existait avant d’être choisie par ce grand sponsor de football ?

Avant, la version que Féfé a entendue, était dans l’album. Même avant ça, je l’ai jouée en concert, mais je ne l’avais pas vraiment enregistrée jusqu’à cet album. Elle a eu plusieurs vies, et on a fini par faire le « celebration mix ».


C’était sur le drapeau Somalien, non ?

Ce n’est pas particulièrement le drapeau Somalien, mais ça a commencé comme ça. En fait, c’est partout. Ça a commencé avec ma propre expérience, donc en fait, oui, ça concerne la Somalie, le sentiment de grandir dans ce pays. On voulait faire quelque chose de plus… Le prendre et le mettre dans le mix qu’on a fait ensemble pour la coupe du monde… Les sensations sont différentes, mais c’est toujours ancré dans les mêmes choses.


Ça va devenir l’hymne des stades, vous réalisez ?


Oui, j’espère… On ne fait pas nécessairement de la musique pour devenir « l’hymne des stades », mais certaines chansons parlent aux gens… Des gens riches d’une certaine manière… Vous vous rappelez quand ils ont fait « we are the world » en Amérique ? Ils en ont fait une version au Canada, en réunissant de grandes stars, mais au lieu de « We are the world », ils disent « Waving flag ». C’est fou… de voir ces gens chanter cette chanson.


Alors, comment avez-vous travaillé, Féfé, sur cette chanson ?


Féfé :
J’ai lu la chanson originale, et j’ai voulu faire quelque chose qui soit vraiment adapté à cette chanson, à cette version. Je n’ai pas voulu que ça soit trop compliqué, car quand tu en parles comme ça ce n’est pas négatif, mais quand tu en parles à beaucoup de gens, tu dois parfois faire attention à ce que tu dis, aux mots que tu choisis. Quand tu dis que tu vas t’adresser aux mecs des ghettos, tu vas dire ça et ça, c’est plus, à un certain degré, proposer de se rassembler. Mais vous ne voulez pas tomber dans la facilité. Certaines choses sont claires en anglais, mais en français c’est minable. Notre langue est si riche, nous avons tellement d’auteurs, qu’on ne peut pas se contenter de dire : « Le ciel est bleu »! Il faut le rendre plus poétique sans en faire trop en même temps. Ça a été mon travail : vraiment adapter la chanson, et je pense que c’est bien! Après, il y a eu d’autres problèmes, mais plus techniquement, c’est juste qu’on ne chante pas à la même hauteur. Tu chantes haut pour moi, et pour moi, ça veut dire que je dois changer la mélodie, parce qu’autrement, je ressemble à un poulet en train de chanter… Ce n’est pas sérieux pour moi… Mais je voulais que ça continue à rouler.

Knaan :
Ca fonctionne si bien ensemble, quand j’ai entendu ta voix contre la mienne, ça marche parce que tu as une voix puissante.

Féfé : Oui, et quand tu dois chanter, ta voix est assez brute, tu vois… Et d’ailleurs, ça fonctionne sur ce genre de chansons. Je voulais aussi conserver l’énergie en continu, ce n’est pas facile, quand tu interviens sur la chanson de quelqu’un et qu’il y a tellement de versions, de remixes, je voulais que ça soit stable… J’aime la chanson avec ta voix, et je voulais adapter ma voix, ne rien déranger… Et quand tu écoutes et que ça arrive et tu dis : « oh oh, qu’est-ce qui se passe? ». Il faut que ça coule ; je ne pense pas que ça puisse être meilleur que l’original, mais au moins il faut conserver la même énergie. C’était ça mon travail ! J’espère que les gens vont aimer !

Knaan :
Il a fait un sacré travail, il faut que vous l’écoutiez…


Comment pouvez-vous imaginer les gens en train de chanter cette chanson, pouvez-vous imaginer les situations ? Parce que la coupe du monde de football est très symbolique pour l’Afrique.


Knaan :
Je ne sais pas… J’ai vu ça se produire il y a peu de temps, la chanson a en quelque sorte pris son indépendance ; dans des endroits comme le Mexique, la chanson est numéro 1. J’ai joué dans 3 villes au Mexique, il y a environ 2 semaines, et des stades entiers reprenaient la chanson… C’est impressionnant, c’est incroyable, parce que les mexicains parlent espagnol, ils ne comprennent pas forcément les paroles, et pourtant ils chantent!


C’est un message universel.


Knaan :
C’est aussi une sensation universelle… Il ya quelque chose… J’ignore quels sont les ingrédients pour arriver à ça, mais j’ai eu de la chance d’écrire une jolie petite mélodie. Ça a fonctionné!


C’est une bonne recette ! Ne pensez-vous pas qu’il s’agit vraiment d’une ouverture internationale pour les africains, que ce genre de coupe apporte de l’espoir ?

Féfé :
C’est une bonne chose, mais cela ne va pas tout changer. C’est juste… C’est comme une bonne chanson. C’est comme moi, lorsque j’ai été choisi, c’est une bonne chanson ! Mais cela ne va pas tout changer. Ça reste du football. On essaie de donner de l’espoir, à un moment précis, faire oublier les problèmes, rassembler les hommes plutôt que de les voir se battre entre eux… C’est comme ça qu’il faut voir les choses, comme un bon moment… Il faut se dire que parfois on peut juste pardonner, mais je ne pense pas que cela va tout arranger. Si on peut juste mettre un peu plus de lumière sur les problèmes de l’Afrique, faire que les gens ouvrent un peu plus les yeux, c’est bien, c’est notre boulot, je pense. Petit à petit.


Reprenons, que pensez-vous de Féfé, de sa musique ? Sur ce que vous en avez entendu, quelle est sa marque de fabrique ?

Knaan :
Il est dur, et nécessaire. Je ne comprends pas le français, donc je ne peux pas apprécier pleinement les subtilités de ce qu’il dit, mais tu sens, tu peux ressentir les gens sans avoir besoin de parler la même langue. Je saisis, tu vois, je comprends ; je viens du même scénario, je le comprends. Il ya tellement de remixes de cette chanson partout dans le monde, mais celle-ci est – je l’ai d’ailleurs dit à mon manager, quand il me l’a faite écouter - je lui ai dit que c’était celle que je préférais.


Féfé, que diriez-vous à propos de Knaan ?

Knaan : C’est le meilleur!

Féfé : K’naan est… Je crois que nous avons besoin de gens libres, je crois que c’est de cela que nous avons parfois besoin dans le hip hop, et je pense que K’naan appartient à cette catégorie de gens, les gens libres qui font les choses correctement, vous voyez. C’est difficile de rester fidèle à ce que l’on est, et de se développer en même temps, et d’avancer. C’est difficile à faire, quand vous explorez de nouveaux territoires, vous n’avez rien en face de vous, aucune référence, et c’est ce que je crois qu’il est en train de faire, à sa manière. C’est le genre d’artiste que j’aime, et dont nous manquons, selon moi. Des artistes comme Stevie Wonder, Otis Redding, qui sont particuliers, chacun avec ses propres qualités, j’aime beaucoup ça !



Interview réalisée par Thierry Baumann



A lire et à voir en cliquant sur les liens suivants :


KNaan (featuring Féfé) : Extrait du clip vidéo "Wavin'Flag" (Hymne Coupe du Monde 2010 pour Coca Cola)


K'Naan et Féfé parlent de "Wavin'Flag Celebration Mix" (Hymne Coupe du Monde 2010 pour Coca Cola)

Interview de K’naan pour l'album "Troubadour"

Vendredi 28 mai 2010 5 28 /05 /Mai /2010 13:20
- Publié dans : Interview - Par Aanil - Ecrire un commentaire
Voir les 0 commentaires

photo1-copie-3.jpg
Bonjour.


Bonjour.


Je me demandais quelle tête vous avez fait quand vous avez vu vos têtes respectives ? Le film enchaine les situations drôles, mais il dit aussi des choses sérieuses. Se voir de manière aussi différente l’un l’autre, ça a nécessité un réglage, pour trouver le ton juste ? Ce n’est pas comme un film d’époque où tout le monde est grimé 18ème… C’est très contemporain mais le trait est très poussé. Est-ce que ça nécessite des réglages ?

Pascale Arbillot. J’ai un réglage de voix, parfois je la perdais. Je la retrouve comme à chaque fois, en jouant une situation avec une émotion intérieure. Un truc très concret et vrai. On ne pouvait pas faire semblant. Plus c’est énorme et plus il faut être d’une vérité terrifiante. Parfois, on perd ça, on met du temps. Etrangement, quand je jouais, je ne me suis jamais dit que c’était bizarre. Pourtant les situations sont énormes ! A un moment donné, il m’embrasse les fesses. J’ai rigolé. Mais c’était possible.

Marc Lavoine. Les gens vont très loin dans la vie, il suffit d’aller dans le café d’à côté… Quand on regarde des photos de Michael Jackson, il est allé très loin, et Barbara à son piano aussi. Le ridicule c’est la vérité. On joue tous les jours à faire semblant de ne pas être qui on est. Un jour, tout lâche. C’est ce jour là que les gens vous découvrent et tombent amoureux de vous, quand vous êtes tout nu. Ce qui est chiant c’est de ne pas être dans le film. Je demandais toujours à Julien : « Est-ce que je suis dans le film ? ». On transgresse souvent cette ligne là. On passe du semblant à des moments de vérité. On est dans notre lit, on se parle sans se regarder… J’avais « Le fanfaron » dans la tête, avec le personnage de Gassman, et j’imaginais Pef comme étant Trintignant. Il y avait aussi une scène de Woody Allen, dans « Crimes et délits », où il rentre chez lui, se met au lit et ils sont tous les deux de dos, de chaque côté du lit, à regarder le mur. Il lui dit qu’il a rencontré un type qui lui a chié dessus. Elle lui demande pourquoi et il n’a pas de réponse. Ça va loin. Même dans la vie intime, on dit des choses et on fait des choses qui vont loin. Mais peut être que les mêmes scènes mal filmées, mal cadrées… On a trouvé avec Julien un metteur en scène mais aussi un directeur d’acteur. C’est un type qui a des exigences, un point de vue, une vision, un projet. Il ne fait pas un film pour faire du cinéma, il raconte son histoire. Il a fait le film qu’il avait dans le ventre depuis longtemps. Il a une sacrée maitrise des choses, pour un homme assez jeune et une intelligence assez médiocre ! Comme c’est un copain je ne pensais pas être dans son champ de vision. J’ai été très heureux qu’il m’ait choisi. J’ai regardé son travail. Ton metteur en scène, c’est ton père sur un tournage. L’acteur est un enfant, on est un peu désossé.

Pascale Arbillot. Il savait exactement tout ce qu’il voulait, les costumes, les décors… Le choc que j’ai eu, c’est plus le décor que les personnages. Je ne m’attendais pas à voir quelque chose d’aussi pointu artistiquement, d’aussi fort, simple et beau, comme un décor de Tati. C’est une vraie maison, il y a plein de choses très vraies dans le film.

Marc Lavoine. La caméra est aussi un acteur. La caméra est comme nous, c’est comme si elle était dans la salle avec nous, elle nous emmène dans le film. Quand on voit les champs/contre champs sur les scènes où ils se chambrent, il y a tout un mouvement, une folie. C’est un vrai travail.


Pascale, j’aimerais bien que tu me parles un peu de cette Lucie. Si Max n’est pas d’accord, il peut réagir…

Marc Lavoine. Je suis d’accord avec Lucie, surtout maintenant, après tout ce qu’on a vécu.

Pascale Arbillot. Lucie est une femme de 38 ans, elle a un mari, une belle maison, un enfant. Elle doit aimer les séries américaines, elle contrôle tout, ses vêtements, sa coiffure. Tout va bien. A l’intérieur, c’est une catastrophe. Je pense qu’elle est très malheureuse, totalement neurasthénique. Elle est dans un monde qui n’existe pas, un monde parfait où tout le monde serait gentil. Elle a une apparence très maitrisée, comme une poupée, mais à l’intérieur, elle vit un drame total. Elle est dans un état névrotique absolu. Je pense qu’il y a plein de gens comme elle mais ça se voit moins. On n’est pas tous là où on voudrait être, on n’arrive pas tous à dire ce qu’on veut.


Elle pourrait être castée pour « Desperate Housewives » ?

Pascale Arbillot. Oui, vraiment. Je rêverais de faire ce genre de personnage. Il y a une réalité. Dans des personnages plus dingues comme dans « AbFab », il y a un peu moins de réalisme. C’est un personnage qui existe. Je pense qu’il y a des femmes qui mettent des perruques blondes, qui s’habillent à quatre épingles, qui pensent que réussir sa vie c’est avoir un bel enfant, mettre son petit pull crocodile… J’ai vécu ça comme un drame. C’est à hurler de rire.


Marc, qui est Max ?

Marc Lavoine. C’est difficile de parler d’un personnage. Au bout, ce qui sauve ces gens là, c’est leur gentillesse. Sauf qu’ils ont perdu leur gentillesse, ils sont chacun dans leur monde, les couples ne marchent plus ensemble, les amitiés vont se disloquer. Eux-mêmes sont disloqués. Ils ne sont plus vraiment eux-mêmes, ils sont dans un rôle qui les laisse secs et automatiques. Lui oublie qu’il a une femme, il oublie qui il est, qu’il a un enfant.

Pascale Arbillot. J’adore ton métier. Il y a un plan extraordinaire au début du film !

Marc Lavoine.
Je vends des toilettes.

Pascale Arbillot. Il a réussi dans le sanitaire.

Marc Lavoine.
Je pense que le costume est trop grand. C’est comme les gens qui achètent un disque parce que tout le monde l’achète, c’est l’idée qu’ils s’en font, mais ne l’écoutent pas. C’est un peu la même chose. L’argent, la maison, ce qui se voit. Il est prisonnier de ça, quitte à être un esclave de ça et de sa partenaire. C’est un bourrin qui est en train de passer à côté de lui-même et qui dérape. Ce film est un dérapage incontrôlé de personnes qui s’aiment mais qui l’ont oublié. On oublie parfois qu’on aime les gens qu’on aime, on leur fait du mal. Pourquoi faire mal à quelqu’un qui nous est indifférent ? Là où on tape le plus fort, c’est sur son père, son frère, son père, sa femme, ses amis. Tout d’un coup, ce qu’on ne dit jamais se dit et se sait. Le fait de le savoir vous libère. C’est un film sur la vérité. Pourquoi les gens sont-ils skyzophrènes et hémiplégiques en ce moment ? Les gens s’inventent des personnages sur internet, ils se « blog », se « making of », se mettent des caméras sur eux et deviennent des vedettes. Ça n’a pas de sens. On se ment, tout le monde ment. Tout à coup, la vérité se sait. On sent dans le film que le mensonge se tue toujours de luimême. La vérité n’a rien d’héroïque, elle est juste là. L’assumer, ce n’est pas grandchose. Ça fait souvent beaucoup de bien. Je pense que c’est ce que ces personnages vivent ensemble.


Ce coup de fil est une sorte d’analyse, ça leur évite à tous dix ans de psychothérapie ?

Marc Lavoine. Ça leur donne une rédemption.

Pascale Arbillot.
Ils ont réussi à rattraper le coup. Ça ne m’est jamais arrivé d’entendre un de mes meilleurs amis dire des horreurs sur moi.

Marc Lavoine. Moi si.

Pascale Arbillot. Comment tu as réagi ?

Marc Lavoine.
Il y a la réaction et après la réflexion. On a tous une réaction. Puis la compassion arrive, la réflexion t’amène vers la gentillesse. On se bat tous contre le côté noir, méchant. On n’est pas des gentils, ce n’est pas facile d’être gentil. C’est une décision à prendre, comme d’être heureux. On peut décider d’être malheureux, s’y complaire ou se dire : « aujourd’hui je vais être heureux ». Ces gens là sont rattrapés par leur propre identité.

Pascale Arbillot. Toi qui as entendu quelqu’un dire du mal de toi, qu’est-ce que tu as fait ?

Marc Lavoine.
D’abord on s’est fâché, l’absence. Ensuite, ce qui fait que les gens restent ensemble… Je m’engueule avec les autres mais je ne me fâche pas. S’engueuler, c’est être en contact. Se fâcher, c’est couper les liens. Il y a des pages plus faciles à tourner que d’autres. La page de l’amitié de ces gens là est intournable, il faut la réécrire, déchirer des petits bouts et recoller. Ils ont réussi, et ont réussi dans la vie. Prenons une histoire d’amour par exemple. Ça fait 10 ans ou 40 ans qu’ils sont ensemble. Une histoire d’amour c’est chaotique, ce n’est pas une béatitude permanente. Il y a la sexualité, des moments de différends. Les gens qui s’aiment s’engueulent. Parfois ils ne se retrouvent pas. Parfois ils se retrouvent autrement mais ils se retrouvent. Il ne faut jamais hésiter à se retrouver autrement.


On n’a pas évoqué du tout le pitch du film. On va voir si vous êtes prêt pour Arthur, Drucker et les autres.

Pascale Arbillot.
Un couple d’amis reçoit un autre couple d’amis dans sa maison, qu’ils viennent juste de décorer. En chemin, le couple d’amis qui arrive téléphone et raccroche mal. Ils entendent des horreurs. Comment deux couples d’amis, dont l’un a entendu les horreurs que l’autre a dit sur lui, vont-ils réussir à passer un week-end ensemble et rester amis à la fin ? Un meilleur ami c’est quelqu’un qui vous connait et qui vous aime quand même. Après cette histoire de départ, il va y avoir un nombre d’évènements tragicomiques incalculables. Vont-ils se réconcilier à la fin ?

Marc Lavoine. Le point de départ du film c’est ce coup de téléphone. Il est arrivé à tout le monde d’envoyer un sms à la mauvaise personne.

Pascale Arbillot. J’ai fait ça, ça a été une catastrophe.

Marc Lavoine. Ça m’est arrivé en studio, de mal raccrocher. La personne rappelle pour dire qu’elle a bien entendu toute la conversation… Tu te retrouves dans une situation un peu embêtante.


C’est ce qui intéressant, ça peut arriver à tout le monde ?

Pascale Arbillot. Ça arrive plus ou moins à tout le monde. J’ai toujours peur des groupes, des gens qui se voient tout le temps, parce que j’ai toujours entendu des gens dire du mal de leurs amis. C’est récurrent, quelque soit les métiers. Il y a une intimité, tout le monde parle de tout le monde mais reste quand même potes. Ça m’a choqué pendant très longtemps, maintenant je comprends.

Marc Lavoine. La multiplication des modes de communication favorise ça. Dès que tu appuies sur le bouton, tout le monde sait que tu as fait une connerie. Avant, il n’y avait pas ces instruments qui permettent de tout savoir sur la vie de tout le monde. On s’appelle 22 fois, ça ne veut plus rien dire. Un clown chasse l’autre. On a tellement besoin de scoops aujourd’hui !

Pascale Arbillot. En amitié aussi ?

Marc Lavoine. Dans les foyers aujourd’hui, tout le monde a un e-mail. C’est un pia pia pia mondial. Un type pète aux iles Fidji et tout le monde l’a sur son blog dans la minute. A l’époque les scandales duraient des années et pour se laver d’un scandale, c’était un enfer. Les rumeurs duraient des années. Aujourd’hui, tu peux effacer une rumeur en une semaine. Il suffit d’en lancer une autre et tu chasses la rumeur précédente.


C’est une comédie intéressante à bien des égards, je pense notamment au lama qui représente une certaine forme de conscience abstraite. Il y a des côtés très loufoques. Qu’est-ce qui vous a fait le plus rire dans cette histoire ?

Marc Lavoine.
Sur le papier, le rôle qui m’est apparu le plus drôle est celui interprété par Pierre-François Martin-Laval. J’ai même dit à Julien que j’adorerais jouer ce rôle là.

Pascale Arbillot. Il voulait être Pef.

Marc Lavoine.
On a le rôle qu’on mérite… Je suis ravi d’être dans ce film. Quand je lis le scénario, le rôle qu’on me propose, ce n’est pas le plus important pour moi. Un rôle n’existe pas sans les autres, sans le contexte. Les liens sont tellement bien écrits, ça se passe en 48h… Pour jouer en deux mois ce qui se passe en 48h, il faut garder un rythme, l’articulation de sa voix, être chaque fois proche de la rupture et des larmes. Ce qui fait rire, c’est la douleur du film, la peau de banane. C’est la force du film. C’est ce qui fait rire. C’est la situation qui est démente.

Pascale Arbillot. Ça va très loin. C’est un truc de dingue, ils sont tous fous.

Marc Lavoine. C’est une succession de mensonges dans la vérité. Les mecs mentent avec une vérité absolue. Petit à petit cette peau s’en va. Le film se termine avec beaucoup d’amour et beaucoup d’espoir. Ce que je regrette souvent, je n’aime ni le mépris ni le stylisme. On ne se moque pas des gens qu’on joue, on est les gens qu’on joue, ils font partis de nous. J’ai pris beaucoup de mon père pour faire ce film. Il avait des côtés comme ça. Il y a une scène où je dois être flamboyant et je le revois faire ça. Julien a vraiment un regard gentil sur les gens, c’est ce qui fait la qualité du rire. Le rire grinçant n’est pas le meilleur du rire. Il y a une libération du rire dans ce film.

Pascale Arbillot. Tu parles de tes chiottes comme si c’était un truc incroyable.

Marc Lavoine. On a en France, même en Belgique, ou dans le pays européens, la culture d’un certain rire.


Merci, au revoir.

Au revoir.


Interview réalisée par Franck Vallières



A lire et à voir en cliquant sur les liens suivants :


Les Meilleurs amis du monde : Extraits vidéos


Interview de Julien Rambaldi, réalisateur du film "Les Meilleurs amis du monde"


Les Meilleurs amis du monde : Film annonce

Vendredi 28 mai 2010 5 28 /05 /Mai /2010 12:03
- Publié dans : Interview - Par Aanil - Ecrire un commentaire
Voir les 0 commentaires

affiche_meilleurs.jpg
Bonjour Julien.

Bonjour.


Il y a un truc génial dans ce film, c’est qu’au lieu de détruire cette amitié, ce coup de fil va la révéler encore plus.


Oui, c’est vrai que c’est un peu la face cachée de l’amitié. Ils vont laver leur linge sale en famille et ils sont plus potes à la fin du film qu’au début. C’était une amitié un peu tordue, ce coup de fil va permettre de révéler des non-dits.


Ce coup de fil leur évite à tous dix ans d’analyse.

Exactement. C’est un bon coup de pied au cul. Au début c’est vécu comme une trahison. Au final, ils se prennent la vérité en pleine face et ce n’est pas mal parfois, parce qu’on se remet en question plus vite.


Mais il ne faut pas en avoir peur…


Non, il ne faut pas avoir peur de la vérité, il faut oser la regarder même si c’est très difficile au début. Il y a un personnage, celui de Pef, Jean Claude, qui se remet en question en premier et qui fait bouger tous les autres.


Est-ce qu’ils ressemblent tous à des personnes potentiellement existantes dans la vie ?

Oui. Ils sont un peu caricaturaux au début du film, il y a quatre pôles de gens qu’on connait un peu tous : celui qui a réussi, celui qui galère, la femme indépendante qui va de l’avant et celle qui est à la maison et qui s’occupe des enfants. Ce sont 4 stéréotypes de personnes qu’on peut connaitre.


Est-ce que tu t’es servi de ce qu’ils sont dans la vie pour incarner ces personnages ?

Un peu. Je connaissais un peu Marc et je savais qu’il pouvait être très drôle, parce qu’il est très drôle dans la vie. On ne l’avait jamais vu comme ça ni au cinéma ni dans son image publique. Je ne connaissais pas Pef mais j’avais très envie de l’amener vers quelque chose de plus sérieux, parce qu’il joue un loser dépressif et reste malgré tout très drôle. Je ne connaissais pas Léa. Je connaissais un peu Pascale.


En tournant avec 4 acteurs dans un seul endroit, certains se connaissaient et d’autres non, comment as-tu réussi à créer cette alchimie ? Tu étais sûr que ça allait fonctionner entre eux ?


Non pas du tout. Par contre, j’ai eu beaucoup de chance car ils ont été géniaux et totalement au service du film. Le film va assez loin visuellement, ils auraient pu avoir peur dans leurs accoutrements mais ils ont fait confiance. Au final, je suis content et eux aussi. Même Marc m’a fait le compliment de me dire que c’est la première fois qu’il se voit au cinéma avec une vraie distance. Il peut voir son personnage comme si c’était quelqu’un d’autre.


Le fait que chacun ait un système capillaire assez pointu, est-ce une inspiration tirée de toi-même ?


Oui, j’aime bien ma coupe de cheveux. La moustache de Marc est un attribut masculin de domination par rapport au personnage de Pef qui a une calvitie naissante. C’est la faiblesse humaine. Pascale a une coupe un peu bulle, « playmobil », qui enferme son personnage comme si c’était une statue, une cocotte-minute prête à exploser.


Pourquoi passer par le capillaire pour poser chacun des personnages ?

Ce sont des inspirations diverses et variées de personnages dans la vie, dans ma famille peut être. Ce n’était pas gratuit. Il faut aussi sortir les acteurs de l’apparence classique qu’on a d’eux dans le cinéma français.


Est-ce que certains d’entre eux se sont posés la question de paraitre crédible en étant, non pas grimés, mais typés à ce point ?


Ils ont eu ce questionnement quand ils sont arrivés séparément pour la préparation. Quand ils se sont tous vus réunis, ils ont compris que ça allait être un festival global ! Ils étaient rassurés parce qu’il y avait une image de groupe qui marchait bien.


J’ai beaucoup ri, mais ce qui est impressionnant c’est que ça dépasse la drôlerie. Beaucoup de scènes sont, en fonction de son humeur et de la façon dont on les voit, à prendre selon plusieurs axes.


On est arrivé au pitch je crois. Le point de départ est assez intime, ça part d’un coup de fil accidentel. Tu recevrais sur ton magnifique téléphone portable un coup de fil accidentel de tes amis qui parlent de toi et te pourrissent totalement. Ils parlent de tes pires défauts, des choses inavouables qu’ils ne peuvent plus te dire parce que tu as dépassé un certain stade et on ne peut plus te faire bouger. Il y a une zone de dramaturgie intéressante. C’est vraiment une comédie pour se poiler. Mais la base est quand même assez intime, dure et cruelle. C’est un peu l’humour du cinéma italien, de l’humour un peu cruel. C’est drôle mais ça fait réfléchir.


Idéalement, c’est intéressant de savoir ce que pensent ses amis, mais il faut vouloir s’y confronter, car on ne sait pas sur quoi on peut tomber.


Je crois qu’il ne faut surtout pas tout dire en amitié, sinon on perd vite ses amis. Il y a une limite à ne pas dépasser. Pialat disait que si on veut garder ses amis, il faut être lâche. C’est toujours pareil, les choses se disent avec amour ; c’est ce que j’aime dans ce film. Tous les conflits révèlent que les personnages ont toujours envie de se parler. S’ils ont envie de se parler, c’est qu’ils s’aiment. En amitié, on n’a pas trop de raisons de se confronter à ce genre de problématique. Si des gens nous emmerdent, c’est assez facile de se séparer d’amis, contrairement à la famille. Justement, ce qui est assez beau à la fin du film, c’est que s’ils sont passés par tout ça, c’est qu’ils s’aiment.


C’est très intéressant psychanalytiquement.


Ce n’est pas non plus de la prise de tête. C’est une comédie assez loufoque.


Une comédie de situation beaucoup.


Oui. On enchaine bien les situations, c’est assez rythmé.


C’était une velléité, quelque chose qui t’intéressait, que ça avance assez rapidement ?


Oui, avec la difficulté du huis clos, 4 acteurs dans la même maison. Il ne fallait pas qu’on s’ennuie, que ce soit du blabla. Il fallait pouvoir trouver plein de décors différents au sein du même endroit et donc des situations qui font avancer l’histoire.


Il y a tout un tas de personnages secondaires ; ces gens là ne sont pas là juste comme ça, pour apporter une vanne supplémentaire.


Non. On peut parler des frères Teston, qui sont deux ordures totales, mais qui servent à humaniser et à fragiliser le personnage de Marc Lavoine, Max, une grande gueule, qui domine et écrase son pote Jean-Claude. Ça arrive dans les amitiés, des relations de dominant-dominé. Les frères Teston sont la valeur requin encore haut dessus. Marc parait un enfant de coeur à côté, un type sensible qu’on peut comprendre.


Il y a ces deux enfant qu’on a déjà vu un peu au cinéma.

Les deux stars du film, 5 millions d’entrées. Ils sont supers. J’avais un peu peur de tourner avec des enfants, ce n’est jamais simple. Mais ça a été d’une facilité incroyable. Ils sont géniaux.


Comment tu as réussi à étirer cette sympathique bande ? Au début du film, tout le monde est tellement typé qu’on peine à croire qu’ils sont amis. On n’a pas tout de suite de la sympathie pour eux, ça gagne progressivement. Le train est en marche pour aboutir à un climax d’amitié réelle. Comment tu as géré ça ?


Au début du film, c’est assez artificiel, caricatural. Progressivement, à force de conflits et de résolutions, les personnages s’humanisent et même leurs costumes et leurs coupes de cheveux deviennent fous. Ils deviennent beaucoup plus humains et c’est ce qui fait qu’on arrive à les toucher. Ils sont touchants.


Est-ce que tu t’es posé la question de savoir lequel des quatre acteurs est le plus proche de son personnage ?


Je crois qu’il y a un point commun chez les quatre. Je sens cette angoisse en Pascale. Pour le public, Marc a une image très forte, très dessinée mais je ressens une sorte de fragilité, c’est un peu le personnage de Max. Léa a ce côté costaud et forte. Quant à Pef, sous ce côté comique et naïf en permanence, il a une sensibilité qui se dégage bien dans le film.


Qu’est-ce qui te fait rire personnellement au cinéma ?


Utiliser des situations dramatiques et assez intimes et les pousser à l’extrême, pour en faire des scènes de cinéma. C’est divertissant, ce n’est pas prise de tête, et en même temps ça raconte des trucs. Ça me plait bien, ce cocktail.


Tu as l’impression d’y être arrivé ?

Oui, je suis assez content. Après, il y aura des gens perturbés par le côté un peu décalé. Est-ce qu’on est dans la réalité ou dans un truc barjo ? Mais je crois que si on reste jusqu’au bout du film, on comprend que c’est quelque chose de très humain.


Le fait d’avoir quatre acteurs qui ont chacun leurs doutes, est-ce que ça t’a appris quelque chose dans ton métier de réalisateur ? Quels types de progrès as-tu l’impression d’avoir fait par rapport au début du long métrage ? D’habitude on tourne avec un ou deux personnages, là il y en a quatre et ils sont de tous les plans.


C’était une énergie déployée. Je suis très content parce qu’il n’y a pas vraiment de personnage principal. Les quatre sont aussi présents. La relation entre les quatre est le personnage principal. C’est assez fatiguant. Peut être que la prochaine fois j’aurai un héros !

 
Il faut préciser qu’il y a des animaux dans le film, dont le lama. A quoi sert ce lama ?

Ce lama, c’est l’oeil de Moscou, un animal très bien dressé qui arrive à lire dans les pensées. Il arrive à lire dans les pensées de Jean Claude, dans ses idées noires, ses mauvaises intentions. Il est un peu comme un flic ; il observe tout et peut défendre son maitre.


Merci Julien.


Merci à toi. Au revoir.


Interview réalisée par Franck Vallières




A voir en cliquant sur le lien suivant :

Les Meilleurs amis du monde : Film annonce

Lundi 24 mai 2010 1 24 /05 /Mai /2010 09:19
- Publié dans : Interview - Par Aanil - Ecrire un commentaire
Voir les 0 commentaires

cover_knaan.jpg


Bonjour K’naan !


Bonjour.


On ne peut parler de votre musique sans parler de la Somalie. Vous êtes parti assez jeune pour échapper à la guerre civile.

Oui, je devais avoir 13 ans quand nous avons quitté Mogadiscio où je suis né et j’ai grandi. Je devais avoir 10 ou 11 ans quand la guerre civile a commencé, et on a réussi à s’enfuir sur l’un des derniers vols commerciaux qui quittaient le pays. On a eu beaucoup de chance.


Est-il vrai que vous étiez un enfant soldat ?

Non, je n’étais pas vraiment un enfant soldat, mais plutôt un enfant exposé à la guerre, qui vit dans la guerre. On peut dire que ce sont des enfants soldats, mais je n’étais enrôlé dans aucune armée d’aucune sorte, parce que cela n’existe pas dans le pays, nous n’avons pas ce système d’armée.


Vous avez grandi dans une région dangereuse, Riverblood.


Oui, le nom de l’endroit où j’ai grandi était « wildigle », connu sous le nom de riverblood. Cet endroit a encore aujourd’hui une réputation, mais quand j’étais là-bas, c’était un peu… Parce que certains endroits dans le pays étaient sécurisés, mais cette banlieue là avait tous les problèmes ; mais elle est plus connue dans le monde pour être un endroit très fier, très dur.


Dans une des chansons de votre album, intitulée Somalia, vous parlez des cauchemars que vous avez faits…Quel est le sujet de cette chanson ?


Je voulais peindre le pays en quelque sorte… expliquer les complications de cet endroit. Et c’est aussi une sorte d’ode, quelque chose qu’on écrit pour montrer le pouvoir, la beauté… alors à certains moments, je parle de ce que je vois quand je ferme les yeux, des cercueils qui se referment, et puis je les rouvre… Les paroles sur la Somalie sont assez précises, elles décrivent la difficulté de cet endroit ; je crois que c’est très précis.


Donc vous avez atterri à New York, à l’âge de 12 ans ?


Je suis arrivé à NY à 14 ans ; on a emménagé à Harlem, ça a été mon premier foyer en Amérique du Nord après la Somalie, puis on a déménagé pour Toronto, au Canada, un peu plus tard.


Vous avez eu des « Juno ».

Pour mon premier album, the « dusty foot philosopher », j’ai reçu plusieurs récompenses, celle de l’album de l’année, un Juno, qui est l’équivalent des Grammies canadien, et on a également été nominé pour le même album pour le Polaris Prize, et il a également reçu le prix de la BBC du « nouvel artiste de l’année », c’est bien !


Donc vous vous êtes constitué votre propre background musical, vous avez appris à raper avant de parler couramment anglais…

Oui, j’ai appris la construction du rap alors que j’étais encore en Somalie, mais on ne parlait pas du tout anglais, alors on imitait les rapeurs. Et lorsque j’avais une forte commande du langage, je pouvais utiliser mes idées poétiques et les injecter dans la langue anglaise ; c’est comme ça que j’ai commencé à écrire ma propre musique, mais avant cela n’avait aucun sens, c’était juste de l’imitation.


Vous vous rappelez de votre premier album américain ?

Oui, c’était un album de rap par Eric B et Rakin, intitulé « Paid in Full ». C’était mon premier album. Mais j’ai eu aussi des albums de l’ouest : Bob Marley, des disques de pop italienne ; j’avais des disques de pop italienne, des disques de Bob Marley et des disques de rap.


Comment définiriez-vous votre musique ? C’est un mix coloré de différents styles.

Oui, je ne saurais pas vraiment le définir. C’est juste mon style de musique, c’est de la musique qui vient… quand vous mélangez des expériences qui remontent à mon enfance en Somalie, avec de la musique pop italienne, du Bob Marley, du Rap, au fait de vivre en Amérique, je pense que c’est le type de musique que vous commencez à faire. Je me contente de tirer du sens de mes expériences et d’en faire des chansons.


On dit que K’naan pense comme Bob Marley et chante comme Eminem. Cela vous plait ?

C’est très sympa, J’ai lu ça aussi, je crois que c’était dans Rolling Stones. Je crois qu’Eminem est le meilleur dans le rap, Bob Marley… c’est le plus beau compliment qu’on puisse me faire. En fait, je crois que je suis simplement moi-même. Je suis quelqu’un qui fait sa propre musique, oui, je crois que quand on commence à très bien connaitre la musique, on commence à comprendre son originalité.


Que représente Bob Marley pour vous ?

Des chansons géniales, il était plus qu’un type qui a unifié les gens et qui a emmené son pays de l’insécurité vers le haut. On connait la Jamaïque surtout grâce à Bob Marley. Il a emmené le pays vers le haut pour que les gens puissent en apprécier la culture. Je trouve ça incroyable. Mais plus que tout ça, je pense qu’il écrivait des chansons formidables. Il n’y a pas une chanson de Bob Marley que je n’adore pas. J’aimerai me rapprocher de ça à la fin de ma vie.


Vous recherchiez une grande inspiration en enregistrant cet album dans le studio de Bob Marley ?

J’ai eu le grand privilège d’être invité à enregistrer dans la maison de Bob Marley par sa famille. C’est fou. C’est là que j’ai enregistré la plus grande partie de l’album.


Dites-nous en plus, il y avait de bonnes vibrations ?

Oui, l’endroit est rempli avec ses couleurs. Ses amis et sa famille continuent à y vivre, et il ya eu des moments incroyables. Je suis le premier artiste, depuis sa mort, à avoir eu les clés de chez lui. Quand je suis arrivé à la grille, - il vit dans un palais, dans un énorme palais - et en arrivant, le type de la sécurité - qui n’avait jamais vu personne d’autre avoir les clés de la maison de Bob Marley, à part ses enfants, c’est un musée, mais on ne peut pas voir le studio, il est hors limite — nous a dit : « Le musée est fermé » ! On lui a répondu qu’on allait à la maison, « la maison de Bob ? », oui, et on a ouvert la porte avec les clés, et ses yeux sont sortis de ses orbites ! Il n’y croyait pas ! C’était un moment merveilleux pour moi !


Vous avez vu Georgy, sur un vélo… racontez nous !

Oui, Georgy, c’’tait dans la chanson « No Woman no Cry » (il chante) et il avait un vélo et tournait autour de la maison et dans la chanson « Talking Blues » (il chante) le type aux grands pieds. Il était dans le studio, et il dormait sur le canapé quand on écoutait les chansons. Et dès qu’on mettait la chanson qu’on venait d’enregistrer, il se réveillait. Il y avait beaucoup de monde autour, Benny Weller venait, des amis de Steven Marley, la famille… ils étaient tous là !


Votre musique, the sky is the limit, lorsque vous mixez quelque chose, est éclectique.

Je me moque d’être limité à un endroit, si je veux faire des chansons pour Metallica, c’est comme ça que je le sens. Mais trop de gens sont trop préoccupés par leur base de fans, ou leur identité, ou l’endroit exact où on va pouvoir les trouver dans les rayons. Ça ne m’intéresse pas vraiment. Je veux juste faire de bonnes chansons.


A propos de votre musique, c’est une thérapie pour vous ? Parce que je sais qu’il vous arrive de vous sentir mal physiquement et moralement à propos de ce qui s’est passé en Somalie.


Tout le monde se sentirait mal et sentirait un poids sur les épaules. Si vous avez survécu à ces expériences, vous connaissez des gens qui n’y ont pas survécu. Cela fait longtemps que c’est un sujet important pour moi, et j’ai écrit certaines chansons sur l’album pour me permettre d’être mieux. Par exemple, la chanson Fatima, qui était une fille que je connaissais, une amie, un amour de jeunesse de 12 ans, elle m’a remis une lettre qu’elle avait écrite en anglais, lorsque nous sommes partis — ça m’a encouragé à apprendre l’anglais, elle le parlait et moi pas — 3 jours après, elle a été tuée par balle dans la rue, sans explication. Ça m’a pris toutes ces années pour écrire une chanson sur cette expérience. Mais la chanson n’est pas triste, c’est un hommage à sa vie, je la décris. Il ya des chansons comme ça dans l’album.


Vous aimez alterner différentes humeurs dans votre album.


Oui, j’aime mélanger la beauté et le tragique dans le même plat. J’aime mélanger la tristesse et la joie, vous ne pouvez jamais dire ce que vous écoutez vraiment. Si vous devez rire ou pleurer, si vous devez danser ou penser ; tout est mélangé.



Interview réalisée par Thierry Baumann



A voir en cliquant sur le lien suivant :

KNaan (featuring Féfé) : Extrait du clip vidéo "Wavin'Flag" (Hymne Coupe du Monde 2010 pour Coca Cola)

Mercredi 19 mai 2010 3 19 /05 /Mai /2010 07:47
- Publié dans : Interview - Par Aanil - Ecrire un commentaire
Voir les 0 commentaires

Gina Djemba a fréquenté entre 2003 et 2005 le cours Florent puis de 2005 à 2008 le Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique. En 2005, elle reçoit le 6e prix Sylvia Montfort récompensant l’espoir féminin de la tragédie. Apparue au théâtre en 2007 dans la pièce “Terminus” de Hadrien Raccah (mise en scène d’Anne et Jean-Pierre Bouvier), elle se fait remarquer à la télévision dans les séries “R.I.S”, “Nos années pension”, “Mes amis, mes amours, mes emmerdes” mais aussi dans le téléfim “Folie Douce” de Josée Dayan.

Gina-Djemba-bleus-m6.jpg
Pouvez-vous nous présenter votre personnage ?


Amy est une jeune fille très cultivée qui a fait beaucoup d’études. Elle entre dans la police car elle a un passé plutôt sombre et souhaite prendre une revanche sur la vie. C’est un véritable besoin pour elle. Ce qui m’a plu tout de suite chez Amy, c’est sa fragilité et son côté peu sûre d’elle. Du coup, il fallait arriver à trouver un juste milieu entre sa vulnérabilité et son envie d’être à la hauteur. Au fur et à mesure des épisodes, elle s’affirme et son caractère se définit de plus en plus…


Connaissiez-vous la série avant de l’intégrer ?

J’en avais beaucoup entendu parler par mon entourage et toujours de manière très positive. Quand j’ai regardé les saisons 1 et 2, j’ai apprécié le côté moderne et novateur de la série. Sa force, c’est la facilité d’identification que chacun peut avoir avec les personnages. Ils sont jeunes, maladroits, totalement à la recherche de leur personnalité et c’est ce qui les rend drôles et touchants. Je trouve que “Les Bleus” donne de la police une image plus humaine et valorisante.


C’est la première fois que vous interprétez un rôle récurrent. Votre travail d’interprétation en est-il modifié ?


Ce qui est compliqué, c’est qu’il faut arriver à maintenir tout au long de la saison les traits de caractère du personnage imaginés au départ. Par ailleurs, il faut aussi ne pas se laisser trop influencer par l’énergie du groupe car nous sommes tous le temps ensemble et il faut donc raisonner en terme d’unité collective.


Aviez-vous eu une appréhension à intégrer un casting qui se connaît depuis de nombreuses années ?


Oui surtout lorsque j’ai visionné les deux premières saisons et que j’ai constaté que leur complicité transparaissait à l’écran. Mais mon intégration s’est faite facilement car l’équipe m’a épaulée tout de suite, un peu de la même façon qu’Amy qui a besoin qu’on l’entoure pour se sentir rassurée. Nos liens se sont donc créés très naturellement.

(Source : D.P /Photo © Alberto Bocos Gil / M6)


A lire et à voir en cliquant sur les liens suivants :

Interview de Antoine Hamel (Christophe Lecomte dans "Les Bleus : Premiers pas dans la police")

[Vidéo] Interview de Raphaël Lenglet (Alex Moreno dans "Les Bleus : Premiers pas dans la police")

"Les Bleus, premiers pas dans la police" Saison 3 : Personnages et résumés des épisodes

Samedi 1 mai 2010 6 01 /05 /Mai /2010 14:40
- Publié dans : Interview - Par Caetera - Ecrire un commentaire
Voir les 0 commentaires

Antoine Hamel a été formé au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de 2002 à 2005 où il a notamment participé aux ateliers de Catherine Hiegel. Il débute sa carrière sur les planches en enchaînant les classiques : “La Nuit des Rois” et “Un songe” de Shakespeare, “Je danse comme Jésus sur le vaste océan” d’Alfred de Musset, “L’échange” de Paul Claudel… À la télévision, il est apparu dans “Femmes de Loi”.

antoine-hamel-bleux-m6.jpg
Pouvez-vous nous présenter votre personnage ?

Christophe est issu d’une famille où l’on est flic de père en fils et il intègre la D.P.J, pistonné par sa mère. Mais être flic pour lui n’est pas une vocation, il le fait plus par tradition familiale. Dans la vie, il a deux passions : la taxidermie et thanatopraxie, ce qui fait de lui un personnage très original et décalé. Dans une situation donnée, il s’intéressera toujours à un détail que personne ne remarquera. C’est son côté lunaire qui m’a plu chez lui, un peu comme s’il ne voyait pas une situation avec les mêmes yeux que les autres. Cela permet de développer énormément de choses au niveau de la comédie.


Connaissiez-vous la série avant de l’intégrer ?

Je ne la connaissais pas mais j’ai très rapidement comblé mes lacunes. Le ton de la série m’a tout de suite plu. Je me suis attaché aux personnages, notamment à Alex que j’apprécie tout particulièrement. J’ai aimé la spontanéité qui émane d’eux, leur complicité, leur relation… Ces qualités sont aussi celles qui unissent les comédiens en dehors du tournage. Le succès de la série vient selon moi de cette authenticité mais aussi de la proximité qui peut exister entre les situations, les rôles et le téléspectateur. On finit par être solidaires des “conneries” des Bleus.


C’est la première fois que vous interprétez un rôle récurrent. Votre travail d’interprétation en est-il modifié ?

C’est différent car nous travaillons un même personnage avec plusieurs réalisateurs. Chacun fait évoluer le personnage selon sa propre vision. Par exemple, actuellement sur le tournage de la saison 4, Alain Tasma m’a fait travailler un autre aspect de Christophe, moins burlesque, plus noir que ce qu’il est dans la saison 3.


Aviez-vous eu une appréhension à intégrer un casting qui se connaît depuis de nombreuses années ?

Un petit peu car en me baladant sur les forums consacrés à la série, j’ai vu que les téléspectateurs appréciaient beaucoup le personnage de Lyes et que la plupart regrettait son départ. En plus, mon personnage reposait beaucoup sur la comédie, ce qui nécessite beaucoup de travail et en télé, il faut être rapide et efficace. Heureusement, je me suis vite entendu avec l’équipe et tout s’est bien passé.


À l’instar de votre personnage, avez-vous subi un bizutage lors de votre arrivée sur le plateau ?

Non, je n’ai pas été bizuté par l’équipe. En revanche, les scénaristes m’ont construit un personnage qui vaut tous les bizutages du monde !

(Source : D.P /Photo © Alberto Bocos Gil / M6)


A lire et à voir en cliquant sur les liens suivants :

Interview de Gina Djemba (Amy Sidibé dans "Les Bleus : Premiers pas dans la police")

[Vidéo] Interview de Raphaël Lenglet (Alex Moreno dans "Les Bleus : Premiers pas dans la police")

"Les Bleus, premiers pas dans la police" Saison 3 : Personnages et résumés des épisodes

Samedi 1 mai 2010 6 01 /05 /Mai /2010 14:32
- Publié dans : Interview - Par Caetera - Ecrire un commentaire
Voir les 0 commentaires

photo10-2--copie-1.jpg


Bonjour Chimène.

Bonjour.


4ème album, presque autobiographique non ?


C’est la moitié de moi-même, c’était le but. Pour ce 4ème album, j’avais besoin d’utiliser la musique comme je l’avais rêvée au départ, telle un exutoire. J’avais vraiment une envie de liberté à travers la musique. C’est pour cela que j’ai besoin de la musique, mais je ne l’ai jamais vraiment assumé. Quand on sort son premier album, on se laisse toujours diriger, surtout quand on est jeune. Au fur et à mesure, des choses naissent en toi, tu as des choses à exprimer. C’était important que cela m’arrive enfin ; c’est pour cela que je me sens réellement accomplie avec cet album.


100% investissement au niveau de la réalisation, l’arrangement, et co-écriture pour la première fois.


Pour la première fois, mais pas pour la dernière j’espère. Finalement, il s’agit d’essayer de savoir ce que mon public pense de ce que je pense moi. C’était un moyen de me livrer. Je voulais que mon public me connaisse réellement, qu’il sache vraiment à qui il a affaire. J’ai l’impression qu’il est passé parfois à côté de ma personnalité. Cet album, c’était l’occasion de me livrer, afin de laisser sortir des choses importantes et révélatrices.


Avec le single « Laisse-les dire », qui est aussi le titre de l’album, qu’est-ce qui s’est passé pour que vous disiez ces choses ?

C’est une chanson très importante que j’ai acceptée immédiatement. Le thème était proche de mon état d’esprit du moment. C’était une manière de dire que tout ce qui a été dit de façon difficile sur mon sujet, toutes ces médisances, ces incompréhensions par rapport au fait que j’existe dans le monde de la musique, tout ça a été difficile à accepter, surtout quand on est jeune et qu’on est propulsée sans comprendre ce qui nous arrive. C’est toujours un peu plus difficile à gérer. Ça m’a empêché de vivre de très beaux moments à 100%. En m’arrêtant, en faisant un break, en me reposant mentalement, ce dont j’avais besoin, j’ai pu analyser ce qui m’était arrivé. Je me suis rendue compte que j’ai loupé de très belles choses et je ne voulais pas reproduire ça. La musique est importante pour moi. C’est à travers la chanson « Laisse-les dire » que je raconte tout ça. A un moment donné, il faut dire à ceux qui ont envie de l’entendre que ce genre de critiques au ras des pâquerettes ne me fera plus de mal. Si ça m’arrive de nouveau, je serais terriblement déçue de moi-même.


Qu’est-ce qui est le plus blessant ?


Quand on est jeune et qu’on n’est pas bien dans ses pompes, c’est certainement les critiques sur mon physique. Je crois que ça a été le plus dur. Me juger sur mon travail, ma musique, je crois que c’est tout à fait acceptable, c’est constructif et ça m’aide à avancer. Ça me booste, ça m’aide à me dépasser. Par contre, quand tu es jeune, que tu n’es déjà pas bien dans tes pompes, et qu’on te le fait ressentir sous les lumières du monde de la musique, c’est beaucoup plus difficile à gérer, et ça peut t’abimer.


Maintenant, c’est une nouvelle vie qui commence ?

J’ai même envie de dire une renaissance. J’ai le sentiment que tout ce que je suis en train de vivre aujourd’hui, la création, le lancement d’un album, la promo… je revis tout ça avec un sentiment assez neuf et c’est agréable. Ce n’est pas ce que j’ai ressenti la première fois où j’ai sorti un album. J’arrivais avec des choses plein les yeux, je ne comprenais pas trop ce qui se passait, et j’étais un peu effrayée. Là avec ce nouvel album, j’assume complètement ce qui se dit, je me sens bien dans mes pompes et dans ma personnalité, je me sens bien dans ce que je véhicule. C’est agréable de vivre le lancement d’un album dans un état d’esprit pareil. C’est quelque chose que je n’ai jamais vécu.


Tu t’es offert les services d’un réalisateur de musiciens américains. Paradoxalement, il a du découvrir le français, et il t’a guidé au niveau de la voix ?


Oui. Quand on a décidé de faire un album très proche de moi, on en a parlé avec mon directeur artistique et il m’a parlé de Scott Jacoby, le réalisateur de cet album. Il m’a proposé une rencontre et j’ai accepté, j’aime l’idée de rencontrer des personnes avec qui je pourrais travailler. Ça a été une très belle rencontre. Il est venu chez moi, dans mon salon à Perpignan. Quand il est entré dans mon salon, j’avais le sentiment qu’il apportait un sac à dos rempli de belles choses, que des choses qui pourraient beaucoup m’apporter. Je ne me suis pas trompée. Au fur et à mesure de cet après midi où on a appris à se connaitre, je me suis sentie super bien, je me suis sentie artiste. C’était une sensation étonnante. Il s’adressait à moi, il me posait des questions, me demandait ce que j’avais envie d’entendre musicalement, là où j’allais me sentir réellement moi. Ça a été un moment super et je l’ai suivi. Je ne le regrette pas. Je suis sortie grandie de cet album, j’ai beaucoup appris sur la musique.


On a l’impression que tu cherches la passerelle entre la variété et la soul, tu peux citer aussi bien Jacques Brel que Stevie Wonder.


Tu as complètement raison. C’est ce qui s’est passé pour cet album. C’est la rencontre de deux univers musicaux. J’ai baigné dans la variété avec maman, qui écoutait du Piaf, du Brel, du Aznavour, et dans la soul, le Rythm & Blues, le gospel avec papa. Ces sonorités là ont plané dans ma tête tout au long de mon adolescence jusqu’à aujourd’hui. Je me demandais comment faire pour les associer et livrer quelque chose de respectueux et de sincère au public. Je voulais quitter un peu ce côté marathonien, ce côté envolée musicale à coeur ouvert, qui m’a beaucoup plu et dans lequel je me suis bien amusée mais qui m’a lassé. Je voulais arriver à quelque chose de plus proche de mon for intérieur. Je pouvais le trouver là dedans. C’est pourquoi j’ai essayé d’associer tout ça, et ça reste en osmose, c’est quelque chose qui ne me trahit pas.


Un des titres a été écrit par Grand Corps Malade, tu dis « Merci public » ?

Oui, c’est dire « merci pour tout » au public. Toutes les plus belles choses que j’ai vécues dans ma carrière sont dues à mon public. Ils m’ont offert la chose la plus belle qui existe, la plus naturelle à donner, l’amour. J’ai un profond respect pour mon public, je les aime réellement. Je les côtoie de manière très proche, certains ont même mon numéro de téléphone. J’ai un profond respect pour eux, ils ont un profond respect pour moi. Je fais tout en fonction de mon public et de moi, concernant ma carrière. Je ne veux en aucun cas les trahir. Ils m’ont toujours respectée, portée à bout de bras, je n’ai pas envie de me jouer d’eux. Il n’y a rien de plus flagrant. Le public voit tout.


Qu’est-ce qui a pu te surprendre de la part de ton public ?

Qu’ils ne me jugent pas. C’est ce qui est surprenant, des gens qui t’aiment et qui ne te jugent pas. Parfois tu n’es pas bien et tu n’as pas le sourire. Les gens te croisent dans la rue, et ils croient que ta vie est très facile, que tu as tout en claquant des doigts. Quand on fait la gueule parce qu’on a des emmerdes comme tout le monde, les gens te jugent et pensent que tu es prétentieux. J’ai jamais vécu ça avec mon public, ils ont tout compris sans même que j’ai à leur expliquer. C’est une relation exceptionnelle que je ne vis avec personne d’autre. C’est quelque chose que j’ai envie de garder. Comment les remercier si ce n’est en musique ? Je ne vois pas une meilleure manière de le faire.


Il y a un titre qui est presque l’expression d’un malaise, « Septembre 94 ». Chimène entre en classe de 6ème. Que s’est-il passé ?


C’est l’horreur. Quand tu rentres en 6ème, c’est un grand chamboulement. Je venais d’une classe unique dans une ville de campagne, avec un seul instituteur et des petites habitudes de famille. Quand je suis arrivée au collège, j’avais une personnalité assez complexe. Je n’avais pas une facilité pour aller vers les autres. J’acceptais que les autres viennent vers moi, mais j’étais un peu refroidissante. Je me suis donc vite sentie seule et perdue dans cet univers là. Je ne me sentais pas à ma place. Mes années collège n’étaient pas les meilleures, je me suis beaucoup plus éclatée au lycée. Quand tu grandis, tu penses toujours que le monde des adultes sera plus facile. Je me suis rendue compte que c’est pire. Le monde des adultes est encore plus compliqué que celui des enfants. Ça m’a remis en plein dedans cette époque où je rentre en 6ème et c’est un chamboulement. J’ai associé ce monde d’adulte et ce monde d’enfant et ça m’a donné envie de faire cette chanson. Finalement, ce sont de vieux démons qui se sont amplifiés au fur et à mesure des années, avec le fait d’évoluer dans un monde compliqué. C’était une manière de tourner la page, et d’épauler de jeunes ados qui rentreraient en 6ème et qui vivraient la même chose. J’espère que je ne suis pas la seule à avoir vécu cela, ça serait triste.


Quel rendez-vous avec le destin ! Tu as failli être inspecteur d’hygiène dans la restauration.

Oui.


Tu te projettes comme ça, une Chimène pas du tout dans la musique ?

J’aurais été malheureuse. Ma personnalité est comme les montagnes russes, parfois ça va, parfois ça va moins bien, je suis un peu cyclotimique. J’aurais été triste, mais mon père voulait que j’assure mes études. Il était derrière, il fallait que je sois sérieuse. J’ai choisi de me diriger vers ça parce que ça me plaisait d’aller fouiner et de voir si on était sérieux dans ses cuisines. Aujourd’hui, je me vois beaucoup plus à ma place d’artiste que dans une place d’inspecteur d’hygiène.


On peut t’imaginer un peu dans le futur. Je sais que tu as eu des propositions au cinéma. Ça t’attire ? Qu’est-ce qui t’attire, quelles sont tes références ?


Ce qui m’attire au cinéma, c’est interpréter de manière différente. Dans la musique, tu interprètes une chanson, un texte. Dans le cinéma, c’est un peu similaire, tu joues un rôle. C’est surtout ça qui me plait. J’aime beaucoup les comédies et les films romantiques. Si on me proposait le rôle d’une fille complètement cinglée à la Nikita, tout le contraire de ce que je suis, j’aimerais faire ça. J’aimerais interpréter un rôle complètement différent de ce que je suis.


Tu craquerais pour un rôle comme ça ?


Oui je pense. Jouer une nana barrée, pour me voir dans autre chose que l’image à laquelle on m’a toujours associée, une fille profonde, mélancolique… C’est vrai que je suis quelqu’un de nostalgique, mais je suis aussi hyper vivante et dynamique. J’aimerais que cela ressorte aussi.


A l’époque, tu avais travaillé avec Michel Sardou, et tu disais que votre point commun c’était votre « grande gueule ».

C’est vrai !


On est un peu étonné. En quoi es-tu grande gueule ?

J’ai parfois besoin de me faire entendre et je le fais. Je suis un être humain comme tout le monde. On a tous nos coups de gueule, envie de se faire entendre et respecter quand il le faut. Je ne pense pas le faire à outrance, je ne pense pas être une grande gueule dans l’âme. Mais j’aime bien me défendre quand il faut que je me défende.


Ton dernier coup de gueule, c’était quoi ?


Ça fait longtemps. C’était avec mon copain.


Quand ça ne va pas, ça ne va pas.


Je suis très dure. Il a l’intelligence de partir et de revenir quand je suis calmée. Quand je suis en colère, je suis en colère, je ne fais pas semblant. Je n’arrive pas à faire semblant, dans aucun de mes sentiments. Je fais tout à fond. Quand j’aime quelque chose, je vais le montrer à 200%, c’est la même chose quand je suis très en colère. Je n’arrive pas à faire semblant, je ne peux pas me retenir.


Il y a cet album, une tournée, et un retour à l’Olympia. Il y a eu un album à l’Olympia déjà ; tu as vécu ces sensations. C’était ton rêve ? Quelle est ta sensation par rapport à l’Olympia, qu’est-ce que ça représente maintenant que tu l’as vécu ?

Ça représente un endroit où les plus belles voix, les plus belles âmes, les plus beaux interprètes sont passés. C’est un endroit où tu as une énorme pression. Dans mon cas, je me demandais si j’avais ma place sur cette scène. J’ai abordé l’Olympia comme ça le premier soir. C’est dommage, parce que je ne l’ai pas apprécié. J’ai beaucoup apprécié les deux soirs qui ont suivi, mais le premier soir j’étais dans cet esprit. C'est dire à quel point les doutes malsains ont pu m’attaquer à ce moment là. L’Olympia, c’est exceptionnel, les sensations sont inqualifiables. J’avais juste envie de m’enfuir au dernier moment, tant je trouvais qu’il était insensé que je puisse faire l’Olympia. C’était mon état d’esprit le premier soir.


Au niveau de la scène, est-ce que tu as l’impression de t’être lâchée ? Il y a un titre sur l’album qui va peut être surprendre quelques fans, c’est le duo avec cette Américaine. On a l’impression qu’on a lâché les chevaux et qu’on est dans un univers qui te correspond vraiment.


Il faut se faire plaisir.


Un mot sur cette Américaine ?


Maiysha a une voix exceptionnelle, j’espère qu’on me rejoindra à ce sujet là. C’est une vraie présence et une vraie voix. Il se passe quelque chose avec cette fille. On m’a proposé une idée de duo et j’ai dit oui. Je trouve l’idée intéressante de faire découvrir à mon public un duo un peu différent de ceux de d’habitude. J’ai rarement chanté avec une femme ; j’ai plus souvent chanté avec des hommes, ce que j’ai énormément apprécié. Mais j’ai trouvé ça sympa de m’entendre chanter avec une gonzesse, qui en a vraiment. C’était sympa de chanter avec une fille qui pouvait même me faire flipper. Ça te permet de te rendre compte que tu ne peux pas rester sur tes acquis, tu es obligée de te dépasser, de donner de ton côté. C’est toujours une sensation sympa. Comme un sportif en compétition, j’ai ressenti cette adrénaline avec Maiysha. Mais c’était sain, parce que j’étais très contente de partager ce duo avec elle. En même temps j’avais envie d’être à la hauteur du duo. C’était un très bon moment, un moment un peu plus relâché, un titre un peu moins engagé.


Le traitement de ta voix est très proche, avec très peu d’effets. On a la sensation que tu te projettes très vite sur la scène.


C’est un album qui appelle la scène, qui a été pensé pour ça. Je voulais des titres qui puissent m’apporter un côté pêchu sur scène, parce que j’ai besoin d’avoir des spectacles un peu fougueux. Je suis un peu « rentre-dedans » sur scène. Musicalement, j’ai besoin de ce genre de titres pour m’éclater, et pour ouvrir à mon public une nouvelle facette de moi, qu’il ne connait pas forcément. C’était un peu dans ce but là. Je voulais aussi chanter d’une manière moins marathonienne, c’était une évidence.


Une sensation de bien être et d’apaisement ?


Oui, je ne voulais pas rester sur ce que j’avais fait précédemment, je trouvais que c’était trop facile, qu’il fallait prendre des risques. C’est toujours sympa d’avoir le trac, de douter de soi, toujours de manière saine bien sûr. Il y a douter de soi d’une manière saine et logique, et douter de soi d’une manière malsaine où on ne s’apporte que du négatif. Je suis assez sereine vis-à-vis de cet album, parce que j’ai le sentiment réel qu’il n’y a que du naturel, de l’honnêteté et de la spontanéité dans cet album. Ce n’est pas surfait, c’est juste honnête.


Merci Chimène.


Je t’en prie, avec plaisir.


Interview réalisée par Thierry Baumann



A voir en cliquant sur le lien suivant :


Chimène Badi : Extrait clip vidéo "Laisse Les Dire"

Samedi 24 avril 2010 6 24 /04 /Avr /2010 14:47
- Publié dans : Interview - Par Aanil - Ecrire un commentaire
Voir les 0 commentaires

Revoir un programme tv en replay et en streaming

Télé Scope / TV Replay

Revoir un programme tv en replay et en streaming

 

 

Blog télé / Revue quotidienne de l'actualité médiatique (radio - télé - presse - internet) et culturelle (cinéma - musique - spectacles) / Blog TV

Les 40 derniers articles à lire en cliquant sur ce lien

 

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés