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Publié par Aanil

Dans le cadre de son magazine "Reportages", TF1 diffuse, samedi 08 novembre 2014 à 13 heures 20, les documents "14/18... en territoire ennemi", " et "Memory Days".

 

14-18... EN TERRITOIRE ENNEMI
Un reportage de Dominique Hennequin, Jean-Pierre Mavracic. Montage : Benoît Poncelin (Nomades TV)

14/18, la " Grande Guerre "... 10 millions de morts, 20 millions de blessés. Pour les poilus français, les Allemands, ce sont des Boches ou des casques à pointe. Beaucoup pourtant ont quitté une épouse, des enfants, une famille. Comme les Français, ils partent en août 1914, sûrs de la victoire rapide de l'Empire. Comme les Français, ils connaîtront le froid, la faim, la soif, la boue et la peur de ne jamais revenir. " L'Allemand, ce n'est pas l'ennemi, l'Allemand, c'est le combattant d'en face. Celui qui était en face du soldat français. Ils n'avaient pas forcément envie de se tuer. Ce n'était pas une volonté de se tuer. C'était les mêmes souffrances. C'était pareil "Qui étaient ces " hommes d'en face" venus envahir la France ? Pour essayer de comprendre, nous avons traversé la ligne ennemie jusqu'à la tranchée allemande.... En territoire ennemi.

La guerre 14-18.... Souvent c'est la vie des soldats du côté des lignes françaises qui est racontée. Ce film prend le parti inverse : pénétrer dans la tranchée de l'ennemi allemand et comprendre comment était organisée cette armée impériale, quelle était la vie quotidienne de ces soldats ? "Il faut comprendre que la Grande Guerre, ce n'était pas que d'un côté de la 1ère ligne, il y avait deux lignes de front. Le Français était chez lui, il était envahi, que le sentiment n'est pas tout à fait le même... mais si on se place du côté humain, oui les hommes ont vécu la même guerre" explique Joël Huret qui a retrouvé les carnets de guerre de Georges Boysen, un soldat allemand.

Le 24 Août 1914, des bataillons de hussards et d'uhlans allemands assiègent le village de Haybes, dans les Ardennes. " La volonté était non seulement de détruire mais de détruire avec préméditation " raconte Guy Lépine, historien. L'Empereur Guillaume II écrit à l'Empereur d'Autriche François-Joseph : Mon âme se déchire mais il faut tout mettre à feu et à sang. Egorger hommes, femmes, enfants, vieillards. Ne laisser debout ni un arbre, ni une maison. Avec ces procédés de terreur, la guerre finira avant deux mois. " Haybes est l'un des premiers villages français à subir ces crimes de guerre. Les Ardennes sont envahies. Les Allemands marchent sur Paris, sûrs de leur machine à vaincre. Du 6 au 9 Septembre, la bataille de la Marne permet à l'armée française de regagner du terrain. Le front se fige sur l'Aisne. Le département des Ardennes reste du mauvais côté, en territoire occupé et restera allemand jusqu'à la fin du conflit. Sedan tombe à l'heure allemande. " Il est impossible de sortir de sa commune sans un ausweiss ". Un bagne est installé sur les hauteurs du château fort de la ville " c'est un camp de concentration puisqu'on y concentre des personnes qui sont des déportés politiques ".

Passionné de la Grande Guerre, Joël Huret a racheté un ancien cinéma pour le transformer en musée privé. Mais son trésor, déniché sur Internet, ce sont les carnets de guerre d'un soldat allemand qui combattait à quelques kilomètres de chez lui " J'ai tout de suite senti que c'était un document extraordinaire " Le soldat s'appelait George Boysen " Il était germano américain. Né aux Etats-Unis, à New York. Il a rejoint les Allemands fin 1914. C'est parfois un simple récit de la vie à l'arrière du front. De ses angoisses, de ses peines. Jamais d'animosité contre l'ennemi même s'il les appelle les culottes rouges (.../...) Il décrit le sous-officier qui est à côté de lui en train de prier. Le soldat qui lit et relit une lettre de sa femme et qui pleure. "

Cent ans plus tard, les hommes ont disparu mais les traces de la Grande Guerre demeurent. La forêt des Eparges dans la Meuse, théâtre de violents combats en 1914 et 1915 est devenue forêt mémoire. A l'approche du centenaire, des bénévoles passionnés remettent en état les traces du passage de l'armée allemande " on est à une époque où on a fait la part des choses : les Allemands ont eu eux aussi beaucoup de pertes... Il ne faut pas qu'on les oublie. Il ne faut pas qu'on oublie tous les soldats de toutes les nationalités " déclare Christophe Deville. Dans la forêt des Eparges, des lignes séparées de dix mètres à peine, " on ne se tuait pas à cette distance, on fraternisait, on se connaissait, on s'appelait par son prénom. C'est le cas particulier et unique des Eparges "

La guerre est finie. 10 millions de morts et 20 millions de blessés. " On ne peut pas s'arrêter sur un moment de l'Histoire et mettre une cloche dessus. On fait en sorte que les vestiges restent pour le public... comme une trace. "

MEMORY DAYS
Un reportage de Marion Fiat et Soufiane Yassine. Montage : Richard Poisson (Internep)

Cette année, le centenaire de la Première Guerre Mondiale apporte son lot de commémorations en France. Mais cet anniversaire résonne jusqu'au bout du monde. Avec 10 millions de morts, de 40 nationalités différentes, la Grande Guerre a décimé des familles entières, très loin de chez nous. Pour Victoria, une étudiante Canadienne, pour Traci, une mère de famille Maori de Nouvelle Zélande et pour le Capitaine Ryan Powell, un Marine américain, venir en France est comme un pèlerinage. Le devoir de mémoire, l'émotion, et l'attachement à notre pays de ces étrangers est bouleversant.

Beaumont-Hamel, dans la Somme. Victoria est une étudiante canadienne venue travailler au Mémorial Terre-Neuvien en tant que guide. Depuis qu'elle est toute petite, elle entend parler de son ancêtre mort pendant la Première Guerre Mondiale. A l'école, et au lycée, comme tous ses camarades, elle a appris l'Histoire de Beaumont-Hamel. Le 1er juillet 1916, 800 Terre-Neuviens sur 865 sont morts sous les bombes des Allemands après 30 minutes de combat seulement. C'est un traumatisme pour cette province du Canada, et la jeune femme se sent très fière de pouvoir partager son histoire avec les visiteurs qui se rendent, nombreux, au Mémorial : " C'est pas juste un job, un travail un métier, c'est vraiment quelque chose de personnel pour moi. Mon ancêtre est mort ici aussi et n'a jamais été retrouvé. Alors pour moi, c'est vraiment quelque chose de différent et de spécial d'être ici, d'être capable de partager mon histoire avec les visiteurs. Durant 4 mois, elle va parler de Terre Neuve, de son ancêtre, de son devoir de mémoire, et de sa fierté face au sacrifice de ces soldats aux touristes. En rentrant chez elle, elle en saura un peu plus sur son ancêtre, mais aussi sur elle-même...

A Tauranga, au Nord de la Nouvelle Zélande, Traci se prépare pour un grand voyage. A l'autre bout du monde, cette mère de famille Maorie veut honorer son grand-oncle en allant se recueillir sur sa tombe, à Sangatte près de Calais, dans le Nord de la France. On l'ignore souvent, mais les Maoris de Nouvelle Zélande ont payé un lourd tribut lors de ce premier conflit mondial. Elle n'a jamais voyagé, mais elle va traverser la planète pour pouvoir offrir à son ancêtre un enterrement, 100 ans après sa mort : " Je pense au moment où on sera là-bas, quand on sera face à la porte du cimetière, comment ça va se passer ? Ça va être très, très fort... "

Les Marines américains, le symbole de la toute-puissance des Etats-Unis. Un corps d'élite, dont la réputation est née dans un tout petit village de l'Aisne, Belleau. En 1918, les Marines américains mènent là une bataille sans merci contre les Allemands, les empêchant ainsi de poursuivre leur invasion vers Paris. C'est leur bataille fondatrice qui les a fait connaître au monde entier. A Quantico, la base des Marines, un musée reconstitue le bois de Belleau, et le petit village. Car aujourd'hui encore, il représente un mythe pour ces soldats. Le capitaine Powell fait partie des quelques Marines à pouvoir se rendre en France, à l'occasion du Memorial Day (la journée nationale d'hommage aux soldats morts pour leur pays aux Etats-Unis). Se rendre au bois de Belleau, c'est une chose que chaque Marine aimerait faire au moins une fois dans sa vie. Depuis le jour où l'on rejoint le corps des Marines, on apprend notre histoire, et les grands faits d'armes de nos prédécesseurs. J'ai lu des tas de choses sur Belleau, mais ce n'est pas comparable avec le fait d'aller sur place, d'y aller et de voir où les Marines ont été et ce qu'ils ont fait. C'est vraiment une source d'inspiration : si ces hommes ont pu affronter ces défis, ces peurs, et dans de telles conditions, je peux juste espérer être un jour aussi fort et courageux qu'ils l'ont été. Ce voyage, il s'en souviendra toute sa vie...

Reportages - 14/18... en territoire ennemi / Memory Days

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